L’affaire Didier Badji et Fulbert Sambou est l’un des dossiers les plus sensibles et les plus commentés de l’actualité sénégalaise récente. Ces deux membres des forces de défense et de sécurité ont disparu dans des circonstances mystérieuses en novembre 2022, créant une onde de choc au sein de l’armée et de la société civile.
Didier Badji, adjudant-chef de la gendarmerie nationale, était en service à l’inspection générale d’État. Fulbert Sambou, sergent-chef, officiait au sein de la direction des renseignements militaires. Ils avaient quitté leur domicile à Dakar sans jamais rentrer. Si le corps de Fulbert Sambou a été retrouvé, 5 jours après leur disparition au large de Cap Manuel, celui de Didier Badji demeure introuvable. Originaires des îles Bliss, en Casamance, Didier Badji et Fulbert Sambou étaient décrits par leurs proches comme des hommes droits, profondément attachés aux valeurs diolas, à la discipline militaire et au service de la Nation.
Mais, près de trois ans après, le dossier connait un nouvel épisode judiciaire en novembre 2025 avec l’arrestation de Jerome Bandiaky alias « Sniper » poursuivi pour séquestration, viol, menaces de mort et assassinat. Dans la foulée, les proches de Fulbert Sambou et de Didier Badji se sont retrouvés, pour une messe et une marche en leur hommage tout en réclamant la vérité sur l’affaire.
Amnesty International, par la voix de Seydi Gassama, a appelé la justice à faire toute la lumière sur cette affaire en situant les responsabilités. Pour les proches des deux gendarmes, Didier Badji et Fulbert Sambou ne doivent pas devenir des «agneaux sacrificiels» d’un dossier sensible.
Souleymane WANE


