À Bokhol, village de la commune de Dagana, les populations ont marché, hier, pour réclamer le liquide précieux. Elles demandent un nouveau château d’eau pour l’alimentation continue de la localité et des villages environnants.
DAGANA – « Bokhol a soif ». Tel est le slogan qu’on pouvait lire sur les pancartes brandies par les habitants, brassards rouges, bidons et bassines en main pour dénoncer la pénurie d’eau, qui assoiffe le village. Ce cri de cœur a été fait à l’occasion d’une marche pacifique organisée, hier, dans le village. Cette localité de la commune du département de Dagana vit, depuis plusieurs années, une situation qui perdure, avec le réseau actuel qui ne parvient plus à assurer un approvisionnement correct, ni pour Bokhol, encore moins pour la dizaine de villages environnants qu’il polarise. Aliou Kâ, membre de la structure de gestion de l’eau de Bokhol et porte-parole du jour, de tirer la sonnette d’alarme. « La problématique de l’eau est alarmante. Le liquide précieux ne coule plus assez dans ce village. Le peu qui sort des robinets est de mauvaise qualité », a-t-il déploré. Selon lui, les installations existantes sont vétustes, et ne répondent plus aux besoins d’une population en pleine croissance.
À Bokhol, ce sont surtout les femmes qui payent le plus lourd tribut par rapport à cette crise. D’après Fatou Diakhaté, leur porte-parole, les femmes vivent un véritable calvaire au quotidien pour avoir le liquide précieux. « Avoir de l’eau du robinet est devenu un luxe. Certains quartiers ne voient même pas une seule goutte d’eau. Ceux qui en ont, c’est par intermittence. Nous sommes obligées de retourner à la vieille époque, en puisant de l’eau dans les puits ou dans le fleuve. Mais celle-ci n’est pas toujours potable, et entraîne des maladies hydriques », a-t-elle expliqué. Dans ce contexte, les ménages consacrent désormais une grande partie de leur temps à la recherche d’eau, au détriment des autres activités. Face à cette situation, les habitants de Bokhol réclament la construction d’un nouveau château d’eau moderne et suffisamment puissant, pour approvisionner toutes les concessions. « C’est une question de dignité et de survie. Nous voulons une nouvelle infrastructure pour alimenter Bokhol, et les villages voisins. L’accès à l’eau ne doit pas être un privilège, c’est un droit fondamental », a martelé Aliou Ka membre de l’association « Eau de Bokhol », qui lutte pour la disponibilité du liquide précieux.
Ibrahima Mbaye (Correspondant)