De nombreux disciples ont rallié hier Porokhane (département de Nioro du Rip) pour le Magal prévu aujourd’hui. Célébrant la vénérée Mame Diarra Bousso, cet événement religieux impressionne par son relent humanitaire marqué par la solidarité et l’hospitalité légendaire.
NIORO – Plus qu’une commémoration religieuse, le Magal de Porokhane, cité religieuse de la vénérée Mame Diarra Bousso, dans le département de Nioro du Rip (régio de Kaolack) est une leçon de vie. Du moins, pour les esprits éclairés. Hier, une ferveur exceptionnelle s’est emparée du fief de Mame Diarra Bousso. De l’aube au crépuscule, les disciples ont convergé des quatre coins du Sénégal vers la demeure de la mère du fondateur du mouridisme. Cette ruée phénoménale témoigne de l’attachement indéfectible de la communauté à cette sainte femme. Avant la mi-journée, l’effervescence était à son comble, témoignant de la dimension de l’épouse de Mame Mor Anta Saly Mbacké.
À l’instar des autres événements religieux du pays, le Magal de Porokhane est un rendez-vous spirituel qui unit les cœurs et nourrit les esprits. Différentes associations religieuses ont élu domicile à l’entrée de la cité depuis plusieurs jours. Non loin de la route, des disciples venus de Touba ont installé une modeste tente leur servant d’abris. Sous les rayons brûlants du soleil de midi, des jeunes apportent le repas aux pèlerins. Pendant ce temps, les voitures transportant les disciples continuent de prendre d’assaut la ville. Du côté du marché, sis à une distance relativement longue, le brouhaha ne faiblit pas. Des interpellations par-ci, des marchandages par-là. Un peu partout, les «xassaïdes» (les panégyriques) de Serigne Touba retentissent. La veille de l’événement a tenu toutes ses promesses. Hospitalité et solidarité Sur l’autre côté de la route menant à l’intérieur de la cité, une grande tente est occupée par une foule de disciples. Là, le dynamisme est de mise avec des va-et-vient interminables au service des pèlerins. Deux jeunes tiennent chacun à la main une assiette.
«Nous sommes chargés par notre association d’apporter les plats aux pèlerins», souffle Aliou Diouf. Son camarade lui embouche la trompette en transpirant. «Nous servons les mets au nom de la solidarité», indique Thioubou Diop. Même son de cloche pour Baye Diaw, 74 ans, dirigeant de l’association religieuse Mame Diarra. À son avis, tout individu qui foule le sol de Porokhane doit se sentir chez lui. C’est pourquoi, son groupe a préparé le petit déjeuner. «En plus de donner à manger, nous sommes là pour guider les étrangers vers leur lieu d’accueil», précise le vieil homme. Derrière ce regroupement de fidèles mourides, se trouve une grande installation dans laquelle se trouvent de nombreux disciples. Assis sur des nattes, certains commencent à dormir. Ici, c’est l’union de 125 associations religieuses venues de Dakar.
Grâce à une bonne organisation, la tâche est répartie dans les règles de l’art. Certains préparent le repas, d’autres apportent de l’eau, un autre groupe assure le lavage des ustensiles de cuisine. Très sollicité, le responsable de la fédération n’a presque pas de répit. Cependant, cette mission demeure un honneur et une fierté pour lui. «Quand il s’agit de travailler pour ce jour sacré de Mame Diarra, il faut y aller avec force et passion», confie Bassirou Guèye Mame Diarra. À longueur de journée, il reçoit des disciples qui viennent se rassasier. À en croire M. Guèye, cette action de solidarité est devenue comme un réflexe. « On ne peut pas s’empêcher de le faire. C’est dans notre Adn», soutient-il, fièrement.
De notre envoyé spécial à Porokhane, El hadji Fodé SARR

