Sixième enfant de Cheikh Ahmadou Bamba, Cheikh Ibrahima « Borom Mbary » n’a certes pas occupé le khalifat. Cependant, son souvenir reste dans le cœur des mourides pour avoir contribué à tous les chantiers de Touba, particulièrement à la construction de la Grande mosquée, mais également pour avoir érigé des « daaras ». Le travail de la terre et l’enseignement coranique rythmaient sa vie.
Tout comme son frère aîné, Serigne Abdoullahi Mbacké « Borom Deur Bi », Cheikh Ibrahima Mbacké « Borom Mbary » a du sang chérifien par sa mère, venue de la Mauritanie. Ce sixième enfant du fondateur du Mouridisme, né en 1912, n’a pas non plus occupé le khalifat.
Surnommé « Borom Mbary » par les fidèles du fait de ses longs séjours et retraites spirituelles à Mbacké Barry, il était un adepte de la terre comme son frère aîné. « Il pratiquait l’agriculture à Daroul Khadim, à l’ouest de Touba », confie Serigne Cheikh Abdou Mbacké, porte-parole de la famille.
Toutefois, la notoriété de Cheikh Ibrahima Mbacké réside dans son érudition et surtout son rôle de maître coranique et de bâtisseur de « daaras ». « Il a créé plusieurs daaras », selon notre interlocuteur.
A lire aussi : Les Baay Faal et leurs accessoires sacrés : voyage au cœur d’un héritage mystique (1/2)
Cet engagement pour l’enseignement religieux témoigne d’un riche cursus entamé très tôt auprès de son père. En fait, d’après le récit du porte-parole de la famille, après les enseignements reçus à Diourbel, Cheikh Ibrahima Mbacké a été initié au Coran par son « vénéré » père à Diourbel.
Il a été ensuite confié au maître de la famille, Serigne Abdourahmane Lô Ndame, chargé d’enrichir son apprentissage. « Après qu’il eut mémorisé le Coran au bout de trois ans et appris la calligraphie, l’illustre marabout de Ndame Lô l’a ramené à Diourbel, auprès de son père », renseigne le porte-parole.
Mais, désireux de faire de son enfant un érudit, Cheikh Ahmadou Bamba a encore renvoyé celui-ci auprès de son maître pour parfaire ses connaissances islamiques. Ce nouveau périple pour la quête du savoir a conduit Cheikh Ibrahima Mbacké à Kaël (situé dans l’actuel département de Mbacké) et en Mauritanie.
Ce parcours initiatique a fini de faire de lui un puits de savoir qu’il a décidé de léguer aux plus jeunes, car pour le maître coranique, l’éducation est capitale pour préserver les jeunes contre certaines tares sociétales.
Une générosité légendaire
Sur le plan moral, Serigne Cheikh Abdou Mbacké décrit Cheikh Ibrahima Mbacké comme un homme « profondément pieux, calme et d’une sérénité absolue ».
« Sa générosité était connue de tous. Il partageait ses biens, mais aussi son savoir avec tous ceux qui le sollicitaient pour un conseil ou un appui », confie notre interlocuteur qui admire l’engagement « sans faille » du défunt envers la communauté mouride.
D’après lui, il était un fervent défenseur de la communauté mouride et surtout de ses dignitaires à qui il vouait énormément de respect.
« L’engagement citoyen » de Serigne Ibrahima Mbacké est également salué par le porte-parole qui renseigne que le guide a toujours contribué aux différents chantiers de Touba. Ainsi, sa contribution majeure et active à la construction de la Grande mosquée de Touba continue de marquer les esprits.
Tout comme ses élogieux « xassidas » (poèmes) dédiés à son père, Cheikhoul Khadim, et au maître de la famille, Serigne Abdourahmane Lô Ndame. Une manière d’exprimer sa gratitude à l’endroit des deux grands hommes qui l’ont façonné.
Rappelé à Dieu le 21 janvier 1954, Cheikh Ibrahima Mbacké « Borom Mbary » laisse un legs perpétué par le khalife de la famille, Serigne Fallou Mbacké.
Fatou SY


