« Le choix porté sur notre pays pour coorganiser cet événement d’envergure mondiale avec les Émirats arabes unis ne relève nullement du hasard. Il consacre le rôle politique croissant du Sénégal en tant qu’acteur crédible, engagé et fédérateur face aux enjeux liés à l’eau et à l’assainissement ». C’est ainsi que s’est exprimé le Dr Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, lors d’un atelier tenu ce jeudi 8 janvier. Ce fut une rencontre préparatoire et de mobilisation des acteurs sénégalais pour la réunion de haut niveau de Dakar, en vue de la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026.
Objectif de la rencontre : informer et échanger avec les acteurs et partenaires du secteur de l’eau sur les enjeux, thématiques et résultats attendus de la Conférence, en vue de bâtir une position commune du Sénégal, selon une note officielle.
Dans l’esprit des différents acteurs, l’année 2026 est spéciale, notamment dans le domaine de l’eau, qui a inspiré cet atelier. La réunion projetée à Dakar, prélude à la grande rencontre onusienne, « sera assurément une étape décisive », a déclaré le représentant du ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères. « Au-delà de constituer l’unique réunion en son genre, elle se présente comme un cadre d’évaluation, de réflexion et d’impulsion qui permettra aux parties prenantes d’insuffler depuis Dakar une dynamique qui sera sans doute l’une des plus importantes dans l’agenda diplomatique mondial pour l’année 2026 », a précisé Khadr Diouf, Secrétaire général du MIAAE, parlant de « grande offensive diplomatique autour de l’eau ».
L’eau, secteur où le Sénégal a réalisé de nombreuses avancées, est plus que vitale pour l’économie nationale. « La moitié des emplois du pays dépendent de l’eau », a rappelé Fatouma Touté Ibrahima, représentant la Banque mondiale. Elle a insisté sur le fait que le soutien aux efforts visant la « sécurité hydrique n’est pas une option : c’est une nécessité ». Une étude, Progress on the Level of Water Stress, alerte en révélant que « les niveaux de stress hydrique ont augmenté de 2,8 % à l’échelle mondiale depuis 2015, atteignant 18,6 % en 2021 ».
Cependant, aucun progrès ne sera possible sans l’implication des collectivités territoriales, d’ailleurs associées à l’atelier. Monsieur Mamadou Dia, ancien directeur général de la Sénégalaise des Eaux, a pris la parole en leur nom. Il a rassuré : les autorités locales s’engageront pleinement dans la sensibilisation et la participation, et réfléchiront aux possibilités d’établir des coopérations gagnant-gagnant avec les autorités chargées de la gestion de l’eau en milieu rural.
Une implication du secteur privé essentielle
Le secteur privé a également exprimé son engagement. « Si nous voulons que Dakar 2026 soit un tournant, faisons de l’assainissement un investissement de santé publique mesurable, finançable, réplicable et piloté comme un service essentiel », a préconisé M. Bécaye Diop. Il a ajouté : « Le secteur privé est prêt à prendre sa part en matière de performance et de redevabilité, à condition que nous construisions ensemble un cadre clair, exigeant et finançable. »
Cet atelier a donc permis de démontrer que les acteurs territoriaux, ceux du secteur privé, ainsi que les experts et l’Association des jeunes professionnels de l’eau et de l’assainissement du Sénégal, se tiennent aux côtés de l’État pour faire triompher, à Abu Dhabi, la « grande offensive diplomatique autour de l’eau ».
Abu Dhabi, a indiqué le Dr Cheikh Tidiane Dièye, « marquera une étape décisive, en conduisant la communauté internationale à dépasser les engagements déclaratifs pour accélérer la mise en œuvre de l’Objectif de Développement Durable (ODD) n° 6 et produire des résultats concrets à travers une vision holistique et transformatrice de l’agenda mondial de l’eau à l’horizon 2030 ». Cela placera durablement l’eau et l’assainissement au cœur des priorités internationales de développement.
Par Moussa Seck


