Les coupures d’électricité ont fait leur retour en force ces derniers jours au Sénégal. Selon le directeur général de Senelec, Pape Toby Gaye, invité de la Rts, cette situation s’explique principalement par la combinaison de plusieurs incidents techniques affectant des unités importantes du parc de production, mais aussi par des contraintes liées à l’approvisionnement en combustible et à la trésorerie.
« Nous pensons que d’ici la fin de la semaine, la situation peut revenir à la normale », a déclaré le DG de Senelec, qui évoque quatre facteurs à l’origine des perturbations actuelles.
La première difficulté concerne Karpower, dont le dispositif flottant de stockage et de regazéification (FSU) a connu des problèmes techniques. Cette panne prive actuellement le réseau d’environ 200 MW de capacité de production. « Il y a deux cents mégawatts que nous ne pouvons pas utiliser », explique Pape Toby Gaye.
Une intervention est toutefois en cours pour rétablir cette capacité. « La pompe en panne est arrivée à Dakar. Nous allons l’installer et faire les tests et récupérer les 200 mégawatts de Karpower », précise-t-il.
La deuxième difficulté touche la centrale de West African Energy au Cap des Biches, où une turbine connaît également des problèmes. Cette installation est appelée à fonctionner au gaz, mais en attendant la disponibilité effective de cette ressource, elle fonctionne au gasoil. Une situation qui alourdit les coûts d’exploitation dans un contexte international marqué par la cherté des produits pétroliers.
À cette contrainte s’ajoute une difficulté logistique. Après son traitement à la SAR, le gasoil est acheminé directement vers les centrales, avec des délais qui ne permettent pas toujours une décantation suffisante pour éliminer les impuretés. Ces conditions compliquent l’exploitation des équipements et nécessitent des opérations de maintenance.
Le DG de Senelec évoque également des tensions de trésorerie, dans un contexte où le coût des intrants augmente alors même que la demande d’électricité demeure particulièrement forte. « Les intrants sont devenus chers. La demande est forte en cette période », souligne-t-il.
La situation actuelle résulte donc d’un effet de ciseaux : des capacités de production momentanément indisponibles, des coûts de combustible élevés et une demande soutenue, qui mettent davantage sous pression l’équilibre du système électrique.
Senelec mise désormais sur la remise en service rapide des équipements défaillants, notamment chez Karpower et au Cap des Biches, pour renforcer l’offre disponible sur le réseau. L’objectif affiché est de permettre une amélioration sensible de la fourniture d’électricité d’ici la fin de la semaine.
Oumar FÉDIOR


