La première phase du plan de départs négociés de la Société nationale La Poste a permis le départ de 290 agents volontaires sur plus de 360 candidats. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du redressement financier et de la transformation de l’entreprise.
Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), le directeur général de La Poste, Maguette Kane, a annoncé, vendredi à Dakar, que 290 agents avaient quitté l’entreprise à l’issue de la première phase du plan de départs négociés. Plus de 360 demandes avaient été enregistrées. À l’occasion de la Journée mondiale de La Poste, il a précisé que cette opération s’était déroulée dans un climat social apaisé et dans le respect des droits des travailleurs.
Une restructuration pour maîtriser les charges
Le plan de départs négociés vise à adapter progressivement les charges de personnel au niveau d’activité de l’entreprise. La Poste fait face au recul du courrier traditionnel et à la transformation de ses métiers, dans un contexte marqué par l’évolution des usages et la montée des services numériques.
Les données présentées lors du Conseil interministériel consacré à La Poste, le 1er septembre 2025, illustrent l’ampleur du déséquilibre. Entre 2012 et 2021, les effectifs du groupe sont passés d’environ 2 600 à plus de 4 100 agents, soit une progression de près de 60 %, tandis que son chiffre d’affaires reculait de 26 %.
Selon Maguette Kane, la trajectoire envisagée prévoit environ 250 départs par an sur trois ans. Cette projection reste toutefois indicative et dépendra des capacités financières de l’entreprise, du nombre de demandes volontaires ainsi que des compétences indispensables à la continuité du service public.
Miser sur les nouvelles compétences
La restructuration ne se limite pas à la réduction des effectifs. La direction entend également adapter les ressources humaines aux besoins futurs de l’entreprise, notamment dans les domaines du numérique, de la logistique, du commerce électronique, des services financiers digitaux et de la relation client.
Un bilan des compétences est ainsi prévu pour identifier les métiers appelés à évoluer et les expertises à renforcer. L’objectif est de permettre à La Poste de développer de nouvelles activités tout en améliorant sa productivité et en préservant les compétences essentielles à son fonctionnement.
Pour le directeur général, la réussite de cette démarche ne saurait se mesurer au seul nombre de départs. Elle suppose de concilier la maîtrise des charges, le maintien des compétences stratégiques et l’amélioration de la qualité du service rendu aux usagers.
Le dialogue social comme condition de réussite
La poursuite du dialogue avec les organisations syndicales et les représentants des travailleurs constitue également un enjeu important de cette phase de restructuration. La direction souhaite préserver un climat social apaisé tout au long du processus.
Le suivi du plan devra notamment permettre d’évaluer ses effets sur la masse salariale, la qualité du service public et la capacité de l’entreprise à consolider ses nouvelles activités. Autant d’indicateurs qui permettront d’apprécier les résultats de la restructuration au-delà des seuls départs volontaires.
C.G.D

