Le litige foncier qui oppose deux particuliers dans la commune de koul, département de tivaouane, ne se situe pas à Fass Diacksao mais plutôt dans le village périphérique de Touba Gouy Saggal. Fass Diacksao est un titre foncier de Seydi El hadji Malick Sy et ne saurait faire l’objet de litige, a tenu à préciser Serigne Abdou Thiakh, proche collaborateur de marabout de Fass Diacksao.
La commune de Koul, dans le département de Tivaouane, est à nouveau sous les projecteurs de l’actualité du fait d’un problème foncier. En effet, ces dernières heures, la presse a fait état d’un litige foncier dans la cité religieuse de Fass Diacksao. En réalité, la zone litigieuse ne se trouve pas à Fass Diacksao. La première équivoque à lever, ici, c’est l’emplacement du terrain litigieux de plusieurs hectares qui se trouve à Touba Gouy Saggal, et non à Fass Diacksao. Pour rappel, selon Serigne Abdou Thiakh, un proche collaborateur du khalife de Fass Diacksao, ce village a été offert à Seydi El Hadji Malick Sy, en 1904, et il y avait implanté ses champs, afin de gagner sa vie à la sueur de son front.
Fass Diacksao ne saurait faire l’objet de litige foncier
Fass Diacksao est devenu titre foncier de Seydi El hadji Malick Sy et le lieu de retraite spirituel de Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh. Aujourd’hui, c’est Serigne Sidy Ahmed Sy Dabakh qui s’occupe des lieux, sous l’autorité du khalife général des Tidianes. Cependant, la famille Kébé qui réclament ces terres, habite le village de Fass, a précisé Serigne Abdou Thiakh. Ainsi, le litige foncier existe mais c’est entre deux particuliers, qui spirituellement, sont liés à la cité religieuse. Il s’agit de la famille Kébé dont les grands-parents cultivaient ces champs et un certain Moustapha Diop qui a acquis ces terres de la famille Mboup.
La famille Kébé, héritière de ces champs, selon le droit coutumier, accuse un certain Talla Mboup d’avoir vendu le terrain en question au Sieur Moustapha Diop, a relaté le chef de village de Touba Gouy Saggal, selon Baye Omar Kébé, un des porte-paroles de la famille. Selon toujours cette version des faits, Talla Mboup aurait vendu les 30 hectares en question sur la base de documents signés par le chef de village de Touba Gouy Saggal. Devant cet état de fait, des membres de la famille Kébé ont porté l’affaire devant le procureur qui a transmis le dossier à la gendarmerie afin de tirer la situation au clair. Selon Serigne Abdou Thiakh, les membres de la famille Kébé ont mis le marabout de Fass Diacksao, en sa qualité de guide religieux de la zone, dans une position inconfortable, en portant le dossier devant le tribunal, sans prendre langue avec lui au préalable. Maintenant que le dossier est entre les mains de la justice, le khalife de Fass Diacksao ne voudrait pas entraver l’action judiciaire, a souligné Serigne Abdou Thiakh.
Les précisions du maire de Koul
Interpellé, le maire de Koul, Modou Fall, a déclaré que c’est un différend entre deux familles de cultivateurs, Mboup et Kébé, qui ont eu à exploiter ces terres, et qu’un membre de la famille Mboup a traité avec le promoteur, Moustapha Diop, à qui il a cédé ces terres qui font l’objet de convoitise. Après avoir porté l’affaire devant la justice, la famille Kébé a voulu obtenir du maire une délibération justifiant qu’elle est propriétaire des terres qu’elle a cultivées pendant plusieurs années. Les représentants de la famille Kébé ont été renvoyés par le maire chez le chef de village de Touba Gouy Saggal qui, selon la loi, doit d’abord attester de cet état de fait. C’est seulement avec ce document du chef de village que la commission domaniale peut statuer et établir ou refuser une quelconque délibération, a expliqué Modou Fall.
Pour le maire, c’est cela la procédure légale. A l’en croire, la seule chose qu’il peut faire, c’est de recevoir les deux parties pour essayer de trouver une solution. Cependant, il faut une demande d’audience adressée à l’institution municipale puisque l’administration est écrite, a tenu à préciser le maire, Modou Fall. En attendant, les membres de la famille Kébé ont fait face à la presse pour déclarer qu’ils sont prêts à laisser leur vie dans cette affaire mais ils n’accepteront pas que la terre qu’ils ont héritée de leurs grands-parents, depuis 1953, soit spoliée et bradée à 60 millions de francs CFA pour une superficie de trente hectares.
Ibrahima Ndiaye (Correspondant)