17.000 mineurs en conflit avec la loi et de jeunes majeurs de moins de 21 ans en danger ont été pris en charge par la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale (Dgpjs). Me Moussa Sarr, ministre de la Justice, a fait cette révélation, hier, à l’ouverture du Panel de haut niveau sur la mise en place d’un dispositif et d’un fonds opérants d’insertion et de réinsertion des jeunes en danger ou en conflit avec la loi.
Chaque année, la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale (Dgpjs) prend en charge 17.000 mineurs, notamment des mineurs en conflit avec la loi, ainsi que de jeunes majeurs de moins de 21 ans en danger. En 2025, 412 pensionnaires des centres de la Dgpjs ont réussi aux examens professionnels.
Il s’agit, à en croire le ministre, de 311 attestés et de 101 admis au Certificat d’aptitude professionnelle (Cap) notamment en menuiserie, coiffure, tapisserie, électricité, froid et climatisation et restauration. Cependant, malgré leur diplôme, ces jeunes se heurtent à de nombreuses difficultés. Non seulement ils ne sont pas suffisamment accompagnés pour se perfectionner, mais ils n’ont ni stage d’apprentissage, ni accès à un emploi salarié ou à un microcrédit.
412 pensionnaires reçus aux examens professionnels
« Nous leur avons appris un métier et nous les laissons au seuil de l’atelier sans la clé. Or, pour une jeune fille victime de violences comme pour un garçon en danger ou en conflit avec la loi, l’autonomie économique est la meilleure protection contre le retour à la rue, à l’exploitation, à la précarité, parfois à la récidive », a relevé le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr. Il présidait, hier, un panel de haut niveau consacré à la mise en place d’un dispositif et d’un fonds opérants d’insertion et de réinsertion des jeunes en danger ou en conflit avec la loi.
Dans son discours, il a rappelé que l’État a institué le Fonds de réinsertion des mineurs et jeunes majeurs en situation de vulnérabilité. Mais, précise-t-il, « un fonds seul ne suffit pas ». À en croire Me Sarr, la réussite d’une politique de réinsertion repose sur une mobilisation collective. La réinsertion est une œuvre nationale.
Elle exige la solidarité des institutions, l’engagement des entreprises et la confiance de la société civile. Elle exige que chacun prenne sa part de responsabilité. « Les structures publiques doivent inclure cette catégorie de jeunes dans leurs cibles prioritaires par l’octroi de bourses, l’instauration de quotas », a soutenu le ministre, appelant, dans le même sillage, les entreprises à ouvrir leurs portes aux stages, aux contrats de qualification et aux premiers emplois. « Elles doivent voir dans ces jeunes non pas des risques, mais des opportunités », a déclaré le ministre de la Justice.
Estimant que ce panel constitue une étape décisive, le ministre indique qu’il doit permettre de bâtir une architecture cohérente reliant protection, rééducation et réinsertion. À cet effet, Me Moussa Sarr a invité les participants à travailler « avec rigueur et créativité à dépasser les cloisonnements institutionnels, à unir vos forces pour que chaque jeune accompagné vers l’autonomie devienne une victoire collective ». Il a, par ailleurs, réaffirmé la détermination du Gouvernement à ne laisser aucun jeune au bord du chemin.
Aliou DIOUF


