Tombé le 12 mars 2026, lors de violents affrontements dans le Nord Sindian, le sergent-chef parachutiste Nfally Sonko reçoit un hommage appuyé du monde militaire et académique. À travers son parcours et celui de sa famille, c’est toute la tradition de sacrifice et d’engagement des soldats sénégalais qui est saluée.
ZIGUINCHOR – Il fait partie des générations de militaires ayant consenti le sacrifice dans l’ombre pour défendre l’intégrité territoriale. Le sergent-chef Nfally Sonko est tombé les «armes à la main», le 12 mars 2026, après plus de trois heures de combats intenses à Djifanga et Kalatiaye, près de Kadialock, à la frontière gambienne. Depuis l’annonce de sa disparition, les témoignages affluent pour saluer la mémoire d’un militaire «courageux, discipliné et profondément attaché à la Nation».
Parmi les hommages les plus marquants figurent celui de l’historien militaire contemporain Maodo Bâ Doba. Sur les réseaux sociaux, le Professeur d’Études stratégiques de défense et Politiques de sécurité a rendu un vibrant hommage à ce parachutiste qu’il présente comme l’incarnation même de l’idéal du soldat. Moniteur technique de parachutisme, Nfally Sonko appartenait à la classe 2016/2 de la 58e promotion Cati et à la 39e promotion de l’École nationale des sous-officiers d’active (Ensoa), avant d’intégrer le 1er bataillon de parachutistes basé au camp Lieutenant Amadou Lindor Fall de Thiaroye. «L’armée sénégalaise perd un soldat d’élite, un professionnel respecté et un véritable Jambaar (militaire)», souligne le Pr Doba, rappelant son engagement exemplaire au service du pays. Au-delà du militaire, c’est aussi une histoire familiale enracinée dans la tradition des armes qui se dessine.
Fils d’un sous-officier lui-même engagé en zone militaire n°5, le sergent-chef perpétuait un héritage forgé par le sens du devoir et la loyauté envers la République. D’après certaines sources, l’adjudant Sonko s’était illustré, en 2009, dans le secteur de Diouloulou, lors d’accrochages contre des groupes armés, démontrant «un sang-froid et une bravoure remarqués». Des faits qui ont contribué à bâtir sa réputation au sein des troupes. À travers les opérations menées en Casamance, en Guinée-Bissau ou dans les missions africaines de maintien de la paix, la famille Sonko «symbolise l’engagement constant» de nombreux soldats sénégalais pour la stabilité régionale.
Ainsi, la disparition de Nfally Sonko ravive le souvenir d’autres pertes enregistrées dans cette même zone du Nord Sindian, notamment celles du lieutenant Philippe Marius Camara, en 2011, et du soldat de première classe Issa Dia, en 2012. Autant de noms gravés dans la mémoire militaire nationale. Aujourd’hui, l’hommage rendu au sergent-chef Nfally Sonko dépasse la seule et simple émotion. Il rappelle le prix du sacrifice consenti par ceux qui, dans l’ombre des opérations, continuent de défendre l’intégrité territoriale du Sénégal.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


