Les personnes disparues, dans le cadre de la migration irrégulière, ont été célébrées, hier, à Mbour. Une occasion pour la croix rouge internationale d’inviter les autorités étatiques à plus d’engagement dans la recherche de ces migrants introuvables. Entre souvenirs et solidarité, ces familles réunies autour d’une fédération nationale ont porté le plaidoyer pour leur prise en charge psychosociale afin de pouvoir surmonter cette épreuve pleine de charge émotionnelle et mentale.
Venues des quatre coins du pays, les familles de personnes disparues ont célébré, hier, à Mbour, la journée internationale des personnes disparues. Cette initiative de la croix rouge Sénégalaise, en partenariat avec le comité international de la croix rouge, a pour but d’installer un cadre d’échanges et partages d’expériences entre les différentes familles touchées par les cas de disparition. Selon les experts de la croix rouge, la migration irrégulière est le premier facteur de disparition des personnes au Sénégal.
Le choix de Mbour, une zone de départ de migrants, s’inscrit donc dans une logique de sensibilisation et d’alerte sur les différentes conséquences de la migration irrégulière. A ce jour, près de 800 personnes sont portées disparues sur les voies migratoires. Ces chiffres issues des déclarations de familles, à l’échelle nationale, sonnent l’alerte et invitent les autorités compétentes à prendre des initiatives pour faciliter la recherche de ces citoyens.
« C’est un travail très complexe. Certains migrants en partant, n’emportent aucun document qui peut faciliter leur identification. Aussi la recherche au niveau des routes maritimes et terrestres est très difficile. Nous pensons que les États peuvent jouer un rôle essentiel dans la recherche de solutions surtout que certaines zones sont difficiles d’accès », a constaté Nicolas Mendy, du département de la protection du comité international de la croix rouge à Dakar.
À travers son réseau mondial, la croix rouge dispose d’une base de données dans laquelle certaines familles peuvent avoir la chance de trouver des réponses à leurs questions. Sinon, c’est un choc psychologique d’une durée indéterminée que peuvent vivre les membres des familles de migrants disparus. D’où l’urgence de mettre en place des dispositifs médico-sociaux pour faciliter l’accompagnement psycho-social des personnes touchées par les absences brusques de proches.
« Nous avons besoin d’un appui psychologique par rapport à notre prise en charge mentale. Ces disparitions soudaines pèsent beaucoup sur nos vies. Nous n’avons pas pu voir nos enfants vivant ou mort. Le plaidoyer que nous portons est celui de la reconnaissance de nos statuts. L’Etat doit intégrer ces familles dans les politiques sociales pour soutenir surtout les épouses et les enfants des personnes disparues », a justifié, Yayi Bayam Diouf, présidente de la fédération nationale des associations familles de personnes disparues.
Diégane DIOUF ( Correspondant )