Ceux qui l’ont créé savent sans doute mieux que quiconque ce qu’ils voulaient en faire. Ceux qui, par la force de la mondialisation et l’essor des nouvelles technologies, ont découvert TikTok en ont, eux, fait un usage à leur convenance, parfois très éloigné de l’esprit originel de la plateforme.
TikTok, réseau social devenu incontournable, abrite désormais bien plus que de simples utilisateurs. On y trouve aussi des querelles, des règlements de comptes et des comportements qui, loin de rester confinés au monde virtuel, finissent parfois devant la justice.
Le différend opposant Rokhaya Fall, dite « Rox », Nafi Fall, alias « Narou », et Khadidiatou Kébé, connue sous le pseudonyme de « Jessica », en est une nouvelle illustration. Ce qui semblait relever du clash entre trois anciennes proches a finalement quitté les écrans pour atterrir sur le bureau des enquêteurs.
Rox, établie en Allemagne depuis plusieurs années et revenue au Sénégal pour un séjour, avait porté plainte contre ses anciennes « amies » virtuelles. Elle ne s’attendait sans doute pas à découvrir que d’autres plaintes avaient également été déposées. La révélation de l’identité de certains plaignants n’a d’ailleurs pas véritablement surpris les internautes, compte tenu de l’activité particulièrement animée de la « chancelière » sur TikTok.
De la détente aux règlements de comptes
À ses débuts, TikTok était pourtant perçu comme un espace de détente. Après une longue journée rythmée par les contraintes de la vie quotidienne, l’utilisateur pouvait y passer quelques minutes, faire défiler des vidéos et simplement se divertir.
Mais, au fil du temps, le décor a changé. Avec l’apparition de nouveaux « gendarmes », « médiateurs » et autoproclamés défenseurs de la justice, la plateforme s’est transformée en véritable arène. Il devient parfois difficile de faire défiler quelques vidéos sans tomber sur des insultes, des provocations ou un nouveau règlement de comptes.
TikTok n’est donc plus tout à fait ce qu’il était. Non pas parce qu’il serait moins populaire, bien au contraire, mais parce que le contenu qui a contribué à son succès semble progressivement noyé sous les clashs et les querelles publiques.
Certains utilisateurs se souviennent-ils seulement de l’essence première de ce réseau ? Difficile de le dire. Ce qui est certain, c’est qu’une partie des usagers ouvre désormais l’application avec la crainte de tomber, à tout moment, sur un nouveau « cas ». Reste à savoir si le cas de ces trois anciennes amies finira, lui, dans un cachot.
Fatou NGOM


