Le mariage est une étape clé dans la vie des amoureux. Aujourd’hui, nombreuses sont celles qui craignent la vie conjugale dans une famille sénégalaise. Certaines d’entre elles retardent le choix tandis que d’autres regrettent de s’être lancées dans cette aventure.
Il y a quelques jours, le décès d’une femme de la vingtaine appelée Nogaye Thiam chez sa belle-famille a tenu en haleine la quasi-totalité des sénégalais. Ce qui fait la particularité du décès de cette femme, c’est la découverte du corps plus de 24h après alors que son bébé d’un an etait à ses côtés. Plusieurs versions ont été entendues sur la toile notamment celle de sa belle-mère, son mari et sa grande sœur. Mais chaque argument de ces derniers a suscité chez beaucoup de femmes la peur. La peur de vivre avec leur belle-famille après le mariage.
Soxna Anta, une femme fraichement licenciée en ressources humaines prépare son mariage prévu dans trois semaines. Vivre dans une grande famille ne semble pas l’enchanter. « Je préfère mille fois habiter dans un appartement avec mon mari que de rejoindre le domicile familial. Cela ne veut pas dire que je ne l’aime pas mais c’est plutôt pour éviter d’éventuels conflits dans l’avenir. Ce que je vois actuellement dans les foyers ne me rassure vraiment pas » affirme-t-elle à l’entame de ces propos. Cette dernière précise d’accomplir convenablement son devoir d’épouse autant envers mon mari qu’envers sa famille.
D’un côté, Alimatou corrobore la décision de cette dernière de par son expérience. Mariée depuis maintenant cinq ans, mère de deux enfants, Alimatou vit chez sa belle-famille. Un choix qu’elle regrette en silence.
« Puisse-t-on appelé cela un choix. Car c’est mon mari qui n’a pas voulu qu’on vive seuls et ma mère m’a obligée à me soumettre à sa volonté. Imaginez ! Une famille de plus de 7 personnes, personne ne me donne un coup de main. Ils me laissent tout faire » dit-t-elle avec désolation.
« Je coure de gauche à droite pour m’occuper d’eux, du petit déjeuner, le repas de midi et le diner sans oublier les taches supplémentaires. Si je me plains un peu, toute la famille se fâche contre moi. Pire, mon mari ne prend même pas ma défense » ,renchérit-elle en larmes. Des larmes de regrets et de fatigue.
« A cause de tout cela, j’ai arrêté mes études et je n’ai même pas le temps d’entreprendre un business. Mon mari ne couvre pas la totalité de mes besoins. Ma mère ne veut rien attendre de ce que je vis en ce moment. Ainsi va ma vie au sein de ma belle-famille » dit-t-elle avec regret.
Une question qui ne fait pas l’unanimité
Le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit-on. Mbayta, mariée depuis huit ans s’épanouit dans son domicile conjugal. Entre un mari qui la soutient et une belle famille qui l’aime, elle ne peut rêver mieux.
« Si c’était un choix à refaire, je choisirai encore de vivre ici. Mon mari et moi sommes heureux et comblés. Ma belle-mère s’occupe de mon fils durant mes heures de travail. Mieux, elle m’a même trouvé une aide-ménagère. Je ne me plains pas. Chacun d’eux m’assiste du mieux qu’il peut. Les sœurs de mon mari m’offrent souvent cadeaux », dit-elle avec un grand sourire.
Badou, marié depuis une semaine ne ménage aucun effort pour offrir à sa femme une vie semblable à celle de Mbayta. « Avant tout, je privilégie la communication avec mon épouse. Je connais assez bien les membres de ma famille pour savoir de quoi ils sont capables. Si je vois qu’ils risquent de rendre la vie impossible à mon épouse, je préfère vivre ailleurs avec elle. Cela permet d’éviter des différends entre mon épouse et ma famille. Sinon je serais dans une position inconfortable », affirme-t-il avec assurance.
Les gouts et les couleurs ne se discutent pas, dit-on. Il en va de même pour les avis et les opinions. Chacun défend librement ses idées. Pour Oussseynou, il n’est pas question que son épouse vive en dehors du cocon familial. « Nous sommes des sénégalais pas des occidentaux. Ma femme doit vivre chez moi. Quand on s’unit à quelqu’un, on s’unit aussi à toute sa famille. Que cela nous plaise ou non. Ma femme n’échappera pas à cette règle. Si elle refuse, on qu’à se dire adieux. Mais, je ne vivrai pas loin de ma famille », dit-t-il avec fermeté.
Fatou NDIAYE


