Ce mardi 26 mai 2026, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a prononcé, au Palais de la République, un discours vibrant lors de la remise du drapeau aux Lions avant la Coupe du monde 2026.
Pas de langue de bois, pas de formules creuses, pas de promesses en l’air. En quelques minutes, le Chef de l’État a livré un discours à la hauteur du moment historique que représente la participation du Sénégal à la Coupe du Monde 2026.
La soirée est symbolique : la remise du drapeau national. Un geste que certains pourraient qualifier de purement protocolaire, mais que Diomaye a immédiatement chargé d’une signification bien plus profonde. « A travers ce geste, c’est une partie de l’âme sénégalaise que je dépose entre vos mains », clame le Président de la République Bassirou Diomaye Faye. Le ton est donné. Ce n’est pas une cérémonie administrative, c’est un pacte entre un peuple et ses représentants sur les terrains du monde entier.
Des champions qui portent une histoire
Le Président n’a pas manqué de rappeler d’où viennent ces joueurs. Ils ne sont pas une équipe comme les autres. Ils sont les doubles champions d’Afrique. Ils sont les héritiers d’une lignée glorieuse qui remonte à 2002, quand le Sénégal avait stupéfié le monde entier en atteignant les quarts de finale de sa première Coupe du Monde. « Aujourd’hui, vous êtes les héritiers de tout cela. Vous portez l’équipe nationale de 2002, qui avait ouvert au monde le visage d’un Sénégal audacieux. Vous portez les générations qui ont échoué parfois de peu, mais qui ont toujours laissé quelque chose à celles qui venaient après. »
Une manière de dire aux joueurs qu’ils ne partent pas de rien, qu’ils sont le fruit d’un travail collectif, multigénérationnel, fait de sacrifices invisibles et de victoires qui ont construit, pierre après pierre, la crédibilité du football sénégalais sur la scène mondiale.
Une ambition assumée, sans arrogance
Ce qui frappe dans ce discours, c’est l’équilibre subtil entre ambition et humilité. Diomaye n’a pas demandé aux Lions de simplement « bien faire ». Il leur a demandé de gagner. Mais de gagner à la sénégalaise. « Vous n’allez pas à cette Coupe du Monde pour faire de la figuration. Vous n’y allez pas pour admirer les grandes nations. Vous n’y allez pas pour vous contenter d’être présents. Vous y allez parce que le Sénégal a désormais sa place parmi les nations qui comptent dans le football mondial. » Et pour ceux qui douteraient encore de la capacité d’une équipe africaine à aller au bout, le Président a tranché avec une formule aussi brève que puissante : « Une équipe africaine n’a pas encore soulevé la Coupe du Monde. C’est un fait, mais pas une fatalité. »
Ce qui fait les grandes équipes
Bassirou Diomaye Faye a ensuite abordé ce qui, selon lui, distingue les équipes ordinaires des grandes équipes. Pas les noms sur les maillots. Pas les clubs. Pas les statistiques. Mais quelque chose d’infiniment plus rare et précieux. « La Coupe du Monde ne pardonne pas l’à-peu-près. Elle ne pardonne pas la dispersion. Elle ne pardonne pas l’excès de confiance. Elle récompense les équipes qui restent concentrées quand tout va vite, qui gardent leur calme quand la pression monte, qui savent attendre leur moment, qui savent frapper quand l’occasion se présente. »
Et plus loin, avec une profondeur qui touche bien au-delà du rectangle vert : « Ce n’est pas quand le match est facile que l’on reconnaît une grande équipe. C’est quand elle traverse le feu sans perdre son ordre, sa foi et son unité. »
Le poids d’un peuple entier
Le passage le plus émouvant du discours est sans doute celui où le Président a décrit, avec une précision presque poétique, tout ce que les Lions porteront sur leurs épaules lorsqu’ils entreront sur un terrain de cette Coupe du Monde. « Vous porterez les prières des mères. Vous porterez les espoirs des jeunes qui jouent au ballon dans nos rues, sur nos plages, dans nos écoles, sur des terrains parfois difficiles, mais avec des rêves immenses. Vous porterez les Sénégalais de la diaspora, qui vivent loin du pays mais dont le cœur revient ici chaque fois que l’hymne national retentit. »
Des mots qui, à n’en pas douter, ont résonné différemment dans le cœur de chaque joueur présent. Parce que chacun d’entre eux a une mère qui prie. Un quartier qui rêve. Une diaspora qui attend.
Une identité à défendre
Enfin, le Chef de l’État a rappelé aux Lions ce qu’ils doivent rester, quoi qu’il arrive sur les terrains du monde. Non pas parfaits. Mais fidèles. « Fidèles à votre courage. Fidèles à votre solidarité. Fidèles à votre dignité. Fidèles à cette manière sénégalaise de se battre sans perdre son élégance, de vouloir gagner sans manquer de respect, d’être ambitieux sans cesser d’être humble. »
Et lorsque l’hymne national retentira pour la première fois dans ce Mondial, les joueurs se souviendront peut-être de cette phrase, murmurée comme une dernière confidence par leur Président : « Ce ne sera pas seulement des notes de musique avant un match. Ce sera la voix du Sénégal qui vous accompagnera. »
O.B.N


