Brancou Badio, le meneur qui ouvre la route à la flamme
Meneur sur les parquets, Brancou Badio l’a aussi été, symboliquement, sur le chemin de la flamme olympique. Ce jeudi 10 septembre, au mythique stade Panathénaïque d’Athènes, le basketteur sénégalais a eu l’honneur de faire partie des premiers relayeurs sénégalais de la flamme des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026.
À 26 ans, celui que l’on surnomme « Papi » s’est imposé comme l’un des visages du basketball sénégalais. Né le 17 février 1999 à Rufisque, ce meneur de 1,91 m évolue aujourd’hui à Valencia Basket, en Liga ACB et en EuroCup. Il est également un cadre de l’équipe nationale du Sénégal. Son histoire commence à Rufisque, au club Saltigué. Repéré très tôt, il intègre l’équipe senior à seulement 15 ans. Inspiré par sa sœur aînée Marietou, elle aussi basketteuse, il gravit rapidement les échelons grâce à son talent, son travail et sa discipline. En 2018, il est désigné révélation de sa ligue.
Son ambition le conduit ensuite en Espagne, à la Canarias Basketball Academy, où il poursuit sa formation avec La Matanza en Liga EBA. En 2019, il rejoint le FC Barcelone. Avec l’équipe réserve, il affiche 13,4 points de moyenne et 40 % de réussite à trois points. Une progression qui lui ouvre les portes de la Liga ACB, où il fait ses débuts en septembre 2020. En 2021, Badio rejoint les Skyliners Frankfurt, en Allemagne. Il retrouve ensuite l’Espagne avec Manresa en 2022, avant de s’engager avec Valencia Basket en 2024. Il a quitté Valence pour le Panathinaîkós Avec les Lions, son ascension se poursuit. Lors de l’AfroBasket 2021, il contribue à la médaille de bronze du Sénégal avec 17,3 points et 5,5 passes décisives de moyenne. Créatif, rapide et combatif, il s’impose comme l’un des moteurs de la sélection.
De Rufisque aux grandes salles européennes, Brancou Badio a construit, étape après étape, un parcours qui témoigne de la vitalité du talent sénégalais. À Athènes, il s’apprête à écrire une nouvelle page de cette histoire en devenant l’un des premiers relayeurs sénégalais de la flamme olympique. Un symbole fort pour celui dont le métier est précisément de mener le jeu.
Oumy Diop, un parcours entre excellence sportive, études et Sénégal
À 23 ans, Oumy Diop présente un parcours aussi riche dans les bassins que sur les bancs de l’université. Athlète olympienne à Paris 2024, quadruple championne d’Afrique, triple médaillée aux Jeux africains islamiques et double médaillée de bronze aux Jeux africains, la nageuse sénégalaise s’est également distinguée par son parcours académique aux États-Unis.
Installée à Miami depuis décembre 2021, elle a obtenu un premier bachelor à la Florida International University (FIU) en 2025, en Liberal Studies, avant de décrocher un deuxième bachelor en mai 2026, dans le domaine de l’English and Natural and Applied Sciences. Une double réussite qui illustre sa volonté de construire son avenir au-delà du sport. Mais derrière l’athlète de haut niveau et l’étudiante brillante, il y a une jeune femme profondément attachée au Sénégal. Née et ayant grandi en France, Oumy Diop conserve avec son pays d’origine un lien particulièrement fort. Chaque été, elle revient au Sénégal pour retrouver sa famille, notamment sa grand-mère, avec laquelle elle entretient une relation très importante. « Le wolof était la première langue que j’ai apprise », explique-t-elle. La langue, les séjours réguliers au Sénégal et les liens familiaux ont ainsi nourri un attachement qui dépasse largement le cadre sportif. Même installée aux États-Unis, elle dit chercher chaque occasion de revenir au Sénégal.
Ambassadrice des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 depuis 2024, Oumy Diop s’apprête désormais à vivre un moment particulièrement symbolique : elle sera l’une des relayeuses sénégalaises de la flamme olympique au stade Panathénaïque d’Athènes. Cette responsabilité prend également une dimension particulière pour une nageuse consciente des stéréotypes qui entourent parfois la présence des personnes noires dans la natation. « J’essaie de casser ce stéréotype », affirme-t-elle, en évoquant notamment la visibilité d’une femme noire sur les podiums des grandes compétitions internationales. Pour elle, être là, performer et représenter le Sénégal participe aussi à changer les regards.
Son parcours sportif, académique et personnel converge ainsi vers un même symbole : celui d’une génération sénégalaise ouverte sur le monde, mais profondément attachée à ses racines. À Athènes, en portant la flamme vers Dakar, Oumy Diop ne sera donc pas seulement une athlète. Elle sera aussi le trait d’union entre une histoire olympique née en Grèce et les premiers Jeux olympiques de la jeunesse organisés en Afrique.
De Yeumbeul au Panathénaïque, Louis-François Mendy porte la flamme
À Athènes, Louis-François Mendy ne sera pas seulement un spectateur de la cérémonie de réception de la flamme olympique des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026. Le hurdleur sénégalais aura l’honneur de porter la flamme, dans un moment chargé de symbole, entre la terre où est né l’idéal olympique et le Sénégal, premier pays africain à accueillir les JOJ.
Dans l’enceinte mythique du stade Panathénaïque, Louis-François Mendy portera un symbole qui dépasse largement le cadre sportif. Le relayeur sénégalais sera l’un des visages de cette cérémonie historique qui marque le passage de la flamme olympique d’Athènes vers Dakar, à quelques semaines de l’ouverture des JOJ Dakar 2026. « Pour moi, c’est un honneur de représenter le Sénégal pour la flamme olympique. C’est un privilège d’assister à cet événement et de participer à cette grande célébration autour de la flamme olympique », confie l’athlète, visiblement marqué par la portée de ce rendez-vous. Le choix de Louis-François Mendy prend une résonance particulière. Athlète confirmé, il est l’un des représentants de la nouvelle génération du sport sénégalais. Spécialiste du 110 m haies, il a participé aux Jeux olympiques de Tokyo et de Paris 2024, où il a atteint les demi-finales. Mais avant les grands rendez-vous internationaux, son histoire s’est construite loin des grandes enceintes olympiques.
Né à Yeumbeul, il débute l’athlétisme à Guédiawaye à l’âge de huit ans. Les débuts sont difficiles. Entre 2017 et 2019, il traverse une période compliquée, avant de connaître un déclic aux championnats d’Afrique juniors de Tlemcen, en Algérie, en 2017. Il y décroche la médaille d’argent et devient vice-champion d’Afrique junior. « C’est là que je me suis dit que je pouvais faire partie de ce monde-là », raconte-t-il. Cette médaille agit comme un révélateur. Elle lui donne la conviction qu’il peut aller plus loin. S’ensuivent des années de travail, de sacrifices et de progression jusqu’à l’équipe nationale et aux Jeux olympiques. Aujourd’hui installé en Espagne, où il travaille depuis deux ans avec un nouvel entraîneur après l’arrêt de sa collaboration avec son précédent coach, Louis-François Mendy poursuit sa préparation avec un objectif clair : les prochains Jeux olympiques.
Mais avant de penser à 2028, il s’apprête à vivre un moment que peu d’athlètes auront l’occasion de connaître : porter la flamme olympique dans le lieu même où la tradition olympique moderne a pris une dimension universelle. Pendant quelques instants, son parcours personnel rencontrera ainsi la grande histoire du mouvement olympique. De Guédiawaye à Athènes, des championnats d’Afrique juniors aux Jeux olympiques, Louis-François Mendy sera ce jeudi le relais d’une flamme appelée à poursuivre son voyage jusqu’à Dakar.
Moussa DIOP, envoyé spécial à Athènes (Grèce)


