Il ne reste plus que quatre équipes : l’Égypte, le Nigeria, le Maroc et le Sénégal. Et à cet instant précis de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, le Temps décide de sortir de l’ombre.
Il n’a que faire des parcours. Il ne respecte ni l’histoire ni la réputation. Il arrive quand il sent que les corps sont déjà entamés, que les certitudes commencent à trembler. La demi-finale est son territoire préféré. Là où il peut enfin faire mal sans s’excuser.
L’Égypte connaît ce Temps mieux que personne. Elle l’a souvent affronté, parfois dompté. Elle sait attendre, fermer, user l’adversaire jusqu’à ce que la minute bascule de son côté. Mais le Temps n’oublie jamais. Il observe cette maîtrise, il la teste, il cherche la faille. Il attend de voir si l’expérience protège encore… ou si elle devient un poids.
Le Nigeria avance avec sa puissance et sa verticalité. Une équipe qui refuse de patienter, qui veut frapper avant que le Temps ne s’installe. Mais en demi-finale, le Temps adore ralentir ceux qui veulent aller trop vite. Il étire les séquences, impose le doute, demande si cette intensité peut survivre quand les minutes commencent à brûler.
Le Maroc joue à domicile, porté par une attente immense. Ici, le Temps se montre cruel. Il amplifie chaque silence, rend chaque occasion manquée plus lourde que la précédente. Il transforme la ferveur en pression pure. Il pose une question simple, brutale : savoir jouer avec le public… ou survivre à lui.
Le Sénégal, lui, avance avec le statut de ceux qui savent ce que gagner veut dire. Une équipe solide, mature, consciente de ses forces. Le Temps les regarde avec attention. Il sait que la confiance peut être une arme, mais aussi un piège. Il attend le moment précis où la certitude se transforme en relâchement.
À ce stade de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, le Temps ne cherche pas la plus belle équipe. Il cherche celle qui accepte de rester lucide quand tout ralentit. Celle qui comprend que chaque seconde est un test. Celle qui ne fuit pas quand le match devient inconfortable. « En demi-finale, tu ne joues plus pour impressionner, tu joues pour rester en vie », glissait le sélectionneur nigérien Éric Chelle. Le Temps, lui, ne débat pas. Il tranche.
Sur les bancs, il s’assoit à côté des sélectionneurs. Il regarde les montres. Il mesure les hésitations. Il sait qu’un changement trop tard, ou trop tôt, peut condamner une génération entière. Il n’intervient pas. Il laisse faire. Puis il juge.
Quand le coup de sifflet final retentira, le Temps ne félicitera personne. Il ne parlera pas de mérite. Il ne racontera pas les efforts. Il gardera deux équipes. Les autres resteront figées dans cet espace cruel : assez fortes pour rêver, pas assez pour continuer.
Quand tout sera terminé, le Temps ne laissera aucun résumé. Il n’y aura ni explication, ni consolation, ni justice à réclamer.Il y aura deux équipes encore debout. Et deux autres condamnées à porter cette nuit-là toute leur vie. Parce qu’en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, on ne perd pas un match. On perd une place dans l’histoire.
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