La qualification du Sénégal pour le dernier carré de la CAN 2025 s’est accompagnée d’une série d’avertissements qui pourrait être lourde de conséquences.
À l’issue du quart de finale remporté face au Mali (0-1), l’arbitre sud-africain Abongile Tom a averti cinq joueurs sénégalais. Un détail en apparence, mais qui pourrait peser très lourd dans la balance à l’approche de la demi-finale mercredi.
Habib Diallo, Ibrahima Mbaye, Pape Guèye, Habib Diarra et surtout Kalidou Koulibaly sont tous sous la menace d’une suspension pour la finale en cas de nouveau carton jaune. Il faut aussi y ajouter Nicolas Jackson et Ismael Jakobs avertis contre le Soudan, et qui rateront une éventuelle finale en cas de carton jaune en demi-finale. Une situation délicate pour Pape Thiaw, contraint de composer avec cet équilibre fragile entre intensité compétitive et maîtrise émotionnelle.
Pape Thiaw appelle à l’intelligence de jeu
Conscient de l’enjeu, le sélectionneur national n’a pas éludé la question en conférence de presse. Pape Thiaw a insisté sur la nécessité pour ses joueurs de faire preuve de discernement et de sang-froid lors de la demi-finale.
« Je préfère avoir des problèmes de choix. J’espère qu’ils joueront intelligemment pour éviter les suspensions », a-t-il déclaré, fidèle à son discours mesuré.
Une manière de rappeler que le Sénégal devra défendre avec rigueur, sans tomber dans l’excès d’engagement, face à un adversaire qui cherchera forcément à provoquer et à pousser à la faute.
Koulibaly, un précédent qui hante encore les esprits
Le cas de Kalidou Koulibaly est sans doute le plus sensible. Le capitaine des Lions n’a jamais oublié la finale de la CAN 2019 perdue face à l’Algérie, qu’il avait manquée pour cause de suspension après un cumul de cartons. Déjà expulsé contre la RD Congo dans cette édition 2025, le défenseur central sait qu’un nouvel avertissement le priverait d’une éventuelle finale. Une absence qui serait lourde de conséquences, tant Koulibaly reste le leader défensif et mental de cette équipe sénégalaise.
Gérer la pression sans perdre l’élan
Pour les autres joueurs concernés, le mot d’ordre est clair : jouer avec le frein en main, sans renoncer à l’intensité. Un exercice d’équilibriste, surtout à ce stade de la compétition, où chaque duel compte et où la moindre erreur peut être fatale. Mais Pape Thiaw l’a rappelé avec constance depuis le début du tournoi : « Je suis venu au Maroc avec 28 titulaires ». Un message fort, destiné à rassurer autant qu’à responsabiliser l’ensemble du groupe.
Au-delà du simple enjeu disciplinaire, cette situation constitue un véritable test de maturité pour les Lions. Gérer la pression, contrôler les émotions et rester fidèle au projet de jeu seront autant de clés pour franchir l’obstacle de la demi-finale… et rêver d’un dernier acte avec toutes ses forces vives.
Par Cheikh Gora DIOP, envoyé spécial à Tanger (Maroc)


