Ce ne sont pas des médailles de bronze ou d’argent. Encore moins d’or. Les médailles dont sont décorés Diarra et Ciss sont forgées dans une matière moins noble. Du coton, puisque les médailles en question ne sont que des bandages. On l’a vu, Pathé Ciss a saigné face au Mali et, avant lui, Habib Diarra a eu droit à son coton autour de la tête contre le Bénin.
Il le fallait bien : du sang a coulé, ce n’est jamais beau à voir. Ce n’est pas non plus dans l’esprit Coubertin d’entendre un coach parler de « guerre » en conférence de presse préparatoire à un match. Toujours est-il que Ciss a livré bataille et vu le rouge couler sur sa peau d’ébène. Peau d’ébène sur laquelle scintillait la sueur de l’engagement. (Senghor aurait sûrement aimé voir ça ! N’est-ce pas, Amadou Lamine Sall ?)
Engagement : Diarra et Ciss ont en effet reçu des médailles de l’engagement. Ce sont ces bandages qu’on leur a appliqués pour qu’ils puissent continuer de servir ! Bronze, argent, or, coton ?
Au fond, même le diamant n’a pas assez de valeur devant l’ampleur de la chose ! Quelle est donc cette matière dans laquelle on doit forger cette particulière catégorie de médailles ? Elles se forgent dans les « mercis » que le peuple exprime en criant, riant, souriant ! En pleurant. En frissonnant.
Habib et Pathé sont ainsi médaillés avant tous et avant les prochains vainqueurs de la CAN.
Diarra et Ciss ont illustré, par leur engagement, cette sagesse bien sénégalaise : « kaala gii si bópp bi si ndigg li la njëkkée »… Traduira qui pourra pour les autres nations encore en compétition ! Et pour leur dire que Krépin, Sadio, Ili, Ibra et les autres n’hésiteront pas à aller décrocher, eux aussi, leurs médailles de l’engagement, si c’est le prix à payer pour soulever le deuxième trophée…


