Imaginez un sport inspiré du tennis et du basketball : il existe déjà, c’est le volleyball. Un filet, un terrain délimité et la possibilité de jouer avec les mains. Durant ces Jeux olympiques de la jeunesse, le volleyball se jouera à la plage. Le Sénégal sera représenté lors des épreuves de beach-volley par une équipe féminine et masculine constituée chacune de deux athlètes.
Les pieds se perdent dans ce sable chaud, sous le soleil de 16 heures. Sur cette plage de Yoff BCEAO, bon nombre de jeunes s’activent. Certains au football, d’autres à la course. Mais dans quelques minutes, une équipe va s’entraîner ici dans un sport encore peu couvert et connu. Après d’incessantes demandes, le terrain d’entraînement se laisse enfin voir. Il est niché derrière le poste de secours de la plage. Entre la cabane rouge et des cases destinées aux visiteurs, l’équipe arrive avec les coachs.
45 minutes se sont écoulées depuis 16 heures. Les joueurs entrent par une porte à côté de laquelle se trouve une pièce où sont disposées des planches de surf. L’espace de jeu est divisé en deux terrains de beach-volley. Un filet sépare chaque terrain sur la largeur. Les règles sont expliquées par un des coachs de l’équipe, Assane Fall. « Le beach-volley est un sport collectif qui se joue à deux contre deux, sur un terrain qui fait 16 mètres de long et 8 de large. » La hauteur du filet varie selon que ce soit chez les garçons ou chez les filles. « Le filet est haut de 2 mètres 43 chez les garçons et 2 mètres 24 pour les filles. » Pour Assane, la difficulté de ce sport réside dans le fait qu’il n’y a pas de remplaçant. « Si un joueur se blesse à un tel point qu’il lui est impossible de poursuivre le match, son équipe perd aussitôt. » Le sable, qui doit faire 40 centimètres d’épaisseur, le vent, le soleil, voilà plusieurs facteurs qui rendent la tâche un « peu plus compliquée » comparée au volleyball classique, selon le coach de l’équipe nationale U18 de beach-volley.
Attention « Chance ball » !
Cette discipline encore peu médiatisée au Sénégal se joue en deux sets. L’équipe qui atteint la première les 21 points s’empare du set à condition qu’elle ait deux points d’avance. En cas d’égalité de sets, un troisième est disputé. Ce deciding tiebreaker de 15 points scelle l’issue du match.
Aujourd’hui, l’entraînement commence par des réceptions de balles. L’entraîneur, Martinello, qui dirige les exercices du jour, lance plusieurs balles à un joueur et parfois dans les coins du terrain. Ce qui oblige les défenseurs à réceptionner le ballon après d’intenses accélérations. À un moment, il sort de l’enclave pour prendre la bouteille d’eau de son sac. Il explique, après une gorgée écourtée, que « la réception est l’un des gestes les plus importants en beach-volley ». Il ajoute : « Si elle est mal réalisée, c’est soit un ballon difficile pour le coéquipier, soit un “chance ball” pour les adversaires. »
Le premier exercice d’une trentaine de minutes fini, il est temps de prendre une pause. Souleymane Seck, 16 ans, en profite pour se désaltérer. Le Rufisquois fait partie des deux joueurs de l’équipe masculine. De son visage tombe une chute d’eau de sueur. « La préparation se passe bien. Depuis lors, on est sur les entraînements intenses avec le staff et je crois qu’on est fort prêt pour les Jeux », rassure Souleymane. Pour lui, l’objectif premier est de gagner une médaille.
En attendant, ils sont rappelés sur le terrain pour un deuxième exercice. Les traces de pas ont mis le sable sens dessus dessous.
Pour l’exercice numéro deux, il faut, pour les joueurs, réceptionner un ballon qui est tiré sur le filet. À noter qu’à chaque équipe, il est autorisé trois touches et que la réception compte pour une, contrairement au volleyball classique.
« Nice, bonne réception », font les coachs de temps à autre. Cette fois, l’encouragement est destiné à Nafi Segnane, le numéro 1 derrière son maillot. Pour elle aussi, la préparation se passe bien.

Un héritage sportif qui doit servir
« On se lève tôt et on s’entraîne matin et soir. On est en forme », a-t-elle affirmé avec un sourire au visage, qu’on peut traduire en une excitation. Elle retourne à l’entraînement auprès de l’autre coach, Fama Diop.
Des surfeurs passent leurs « Salem » aux coéquipiers de Nafi et au staff. Il s’ensuit des blagues. Un homme et une femme, planche à la main, se dirigent vers des vagues à dominer.
« Nous sommes en droite ligne pour les JOJ Dakar 2026. La préparation jusque-là a été bien menée », rassure Alain Louis K. Faye. Le directeur technique national de beach-volley est venu assister à l’entraînement et prendre quelques photos à l’aide de son appareil. « On a commencé avec un grand groupe. Là, vous pouvez constater que la dernière sélection a été faite. Nous avons pu organiser des camps depuis des mois et dernièrement un camp de 90 jours », explique-t-il. Selon Alain, ils ont pu bénéficier de ces camps grâce au ministère des Sports. « Ils nous ont accompagnés de la meilleure des façons », félicite-t-il la tutelle. Pour le directeur technique national, « il faut veiller à accompagner les jeunes après les Jeux olympiques de la jeunesse pour que, dans d’autres jeux majeurs, ils puissent représenter le pays et gagner des médailles ».
BOUBACAR DIOP


