Un but d’Iliman Ndiaye, un match sans encaisser, et une trêve internationale qui se referme sur un sourire. Ce dimanche 4 octobre 2026, le Sénégal a battu les Comores (1-0) en match amical, au stade Vélodrome de Marseille. C’est la troisième sortie de Patrick Viera à la tête des Lions, après un nul au Mozambique 1-1 et une victoire 1-0 en Éthiopie lors des deux premières journées des qualifications à la Can 2027. Trois matchs, aucune défaite : sur le papier, le bilan est flatteur. Sur le terrain, il y a des nuances, voire des zones d’ombre.Car ces Lions-là n’ont pas encore convaincu. Le jeu a manqué de fluidité, les temps forts ont été trop rares, et devant le but, l’efficacité n’a pas toujours été au rendez-vous. L’équipe a d’ailleurs gagné ses deux derniers matchs sur la plus petite des marges. Le but de Ndiaye face aux Comores en est l’illustration : un éclair de talent dans une magnifique combinaison collective entre Pape Matar Sarr, Ibrahim Mbaye et Iliman Ndiaye. Le Sénégal ne manque pas de qualité offensive, loin de là. Il lui manque de la régularité dans la création, et le sang-froid pour tuer les matchs plus tôt, afin de ne pas trembler jusqu’au coup de sifflet final.
Néanmoins, c’est derrière que l’inquiétude est la plus visible. Les errements défensifs se répètent, et ils ne sont pas seulement l’affaire des défenseurs. Devant eux, le milieu de terrain manque de compacité, les lignes se distendent, et l’arrière-garde se retrouve trop souvent exposée. La défense est mal protégée, et la moindre transition adverse peut vite tourner à l’alerte. Le clean sheet du jour est une bonne nouvelle, mais il ne doit pas masquer le fond du problème : l’équilibre entre les lignes n’est pas encore trouvé.
Il manque, en somme, un joueur capable de tenir ce rôle charnière : un protecteur, un récupérateur, quelqu’un qui casse les attaques adverses puis se projette vers l’avant avec élégance. Le profil, personne ne le connaît mieux que Vieira lui-même. C’était exactement le sien, du temps où il jouait. Joli paradoxe : le sélectionneur cherche aujourd’hui son double pour équilibrer son équipe.
Mais soyons justes, le temps lui a manqué. Officialisé le 21 septembre 2026, Vieira a été présenté quatre jours plus tard, à la publication de sa liste. Autant dire qu’il a pris le train en marche, avec peu de séances pour installer ses principes. Une identité de jeu ne se décrète pas le temps d’une trêve internationale. Elle se construit à force de répétition, de repères et de confiance entre un groupe et son entraîneur. Et il serait injuste de juger trop sévèrement un technicien qui découvre encore ses joueurs, leurs automatismes et leurs complémentarités.
Le chantier est donc ouvert, mais les fondations ne sont pas mauvaises : quatre points sur six en qualifications, et un succès pour clore la parenthèse. Vieira connaît le métier et sait ce qu’il cherche. Reste à lui laisser le temps de le trouver, et à dénicher le milieu qui permettra aux Lions de retrouver leur équilibre. La Can 2027 est encore loin, mais les prochains rendez-vous diront si le Sénégal de Vieira commence à ressembler à son entraîneur : solide, exigeant, et joueur.
Au mois de novembre, le Sénégal sera de nouveau sur le pont avec deux nouvelles journées de qualification à la Can 2027. Et avec les potentiels retours de Sadio Mané et Krépin Diatta, des joueurs qui auront retrouvé leur rythme de croisière (Ismaïla Sarr, Pape Gueye), et un sélectionneur qui connaitra mieux son groupe, le Sénégal version Patrick Vieira aura sans doute plus de consistance qu’aujourd’hui, et une meilleure connaissance mutuelle entre les joueurs et le nouveau technicien, on pourra peut-être en attendre davantage. Et là, on pourra mieux juger…
Par Oumar Boubacar NDONGO


