Victoire, cage inviolée, premiers pas en Tanière : Malang Sarr a réussi ses débuts avec le Sénégal le 29 septembre, en Éthiopie. Dans un entretien accordé aux médias de la Fédération sénégalaise de football (FSF), le défenseur raconte son intégration, son père, qui l’a mené jusqu’ici, mais aussi les ambitions avec la Tanière.
À Bahir Dar, à 1 800 mètres d’altitude, l’hymne national résonne. Malang Sarr ferme les yeux. Pour sa première sélection, ce sont d’abord les siens qu’il porte avec lui, et surtout un père parti trop tôt, qui vivait ce rêve à travers lui. Dans un entretien accordé aux médias de la FSF, le défenseur se livre à cœur ouvert. Lorsque l’hymne national a retenti lors de sa première sélection, l’ancien Lensois a eu des flash-back. « Tout se mélange. J’ai mes souvenirs personnels de l’équipe nationale. Quand on était en famille et qu’il y avait un match de l’équipe nationale à la télé, on était tous en famille au salon. Je pense forcément à mon père, à mes parents, à ma famille entière, parce que ce n’est pas seulement moi qui réalise mon rêve, mais le fait d’avoir mon nom sur le maillot, c’est toute ma famille qui est représentée. C’est fort. Je ne pense pas qu’on puisse décrire cela. On peut jouer pour un club, porter des maillots, mais porter le maillot de l’équipe nationale, c’est quelque chose qui est à part. Ça n’a rien à voir. Trouver des mots pour décrire ça, je ne pense pas que je puisse le faire, c’est vraiment de la fierté. C’est un honneur parce qu’on est choisi. On est 23, on est 26, on est 30. Parmi les 20 millions de Sénégalais, voire plus, qui rêveraient de représenter le pays. Il faut être à la hauteur. On est juste bénis et honorés d’être dans cette position-là. » Ce soir-là, le Sénégal s’impose sans encaisser de but. Pour le défenseur, c’est le début d’une nouvelle histoire.
À 27 ans, Malang Sarr n’est plus un débutant. Avec son expérience (Nice, Chelsea, Lens notamment), le défenseur central a connu divers vestiaires. Par ailleurs, le groupe Sénégal a aussi facilité son intégration. « Bien sûr, le message est passé, il est très clair. Les cadres ont été vraiment clairs et je suis reconnaissant parce que je ressens vraiment le rôle qu’ils veulent me donner, malgré ce qui vient d’arriver et la considération qu’ils ont pour moi aussi, parce que si je n’étais pas en mesure de le faire, ils ne m’auraient pas passé le message. L’idée est vraiment claire, c’est d’expliquer le fonctionnement du groupe, comment le groupe fonctionne, comment la fédération fonctionne, l’équipe nationale fonctionne, vraiment de me donner le maximum de clés possibles, leur donner aussi mon avis sur comment je fonctionnerais pour aider le groupe de la meilleure des manières. C’est simplement des discussions pour ajouter les meilleurs détails possibles pour être le plus efficace pour le groupe. Je suis vraiment content, si demain je suis amené à jouer un de ces rôles-là, de me donner à fond et d’aider l’équipe nationale de la meilleure des manières. »
Portrait-robot
Lors de cet entretien avec la Fédération sénégalaise de football, Malang Sarr en a profité pour décliner son identité footballistique, histoire de se présenter à ceux qui ne le connaissent pas vraiment. « Aujourd’hui, quand les gens parlent de moi, en général, c’est ma vitesse. Pour un défenseur, c’est quelque chose d’important. Ma vitesse, ma qualité de relance, mon aisance dans le duel 1 contre 1. Je pense que ce sont des qualités qui sont importantes chez un joueur. De pouvoir être dur dans le duel, de pouvoir relancer correctement, de pouvoir avoir la vitesse. Parce qu’aujourd’hui, tous les attaquants vont vite, tous les joueurs sont rapides, le football change aussi. Tout ce qui fait d’un défenseur, toutes les qualités qu’il faut avoir pour un défenseur, j’essaie d’en avoir quelques-unes. Si je ne les ai pas, je travaille tous les jours pour les améliorer », débute-t-il.
Et le néo-Lion de poursuivre. « Je dirais rapide, à l’aise dans la relance, forcément, et à l’aise dans les duels aussi. J’essaie d’être meilleur chaque jour et j’arrive dans une période de ma carrière où je me connais bien. J’ai vécu de belles expériences, que ce soit bonnes ou mauvaises, mais qui m’ont forgé. Aujourd’hui, j’arrive au meilleur moment de ma carrière et je joue mon meilleur football, je pense. »
En outre, Malang Sarr a laissé un message aux supporters sénégalais, qui sont réputés être d’une grande exigence, notamment après avoir remporté deux des trois dernières CAN. « Les ambitions et les objectifs sont aussi hauts que les supporters sénégalais. On a vraiment l’ambition et l’intention de donner du plaisir par le jeu et surtout de donner du plaisir par la victoire, parce qu’aujourd’hui, c’est ce qu’on retient. Les victoires, les trophées, les succès, ce sont des choses qui restent. Donc, on va faire le maximum pour faire plaisir aux Sénégalais, parce que les Sénégalais aiment le beau jeu. Ils aiment aussi des joueurs qui se battent, qui se donnent à fond. Et je pense que de commencer par ça, se donner à fond, donner le meilleur de nous-mêmes, déjà, on sera capables de conquérir le peuple sénégalais à nouveau. Mais il y a une période de transition qui est en place. On ambitionne d’être à la hauteur et d’être au même niveau que ce qui s’est fait précédemment. Aujourd’hui, je pense qu’on est sur la bonne voie. On a tous les outils et toutes les armes pour y arriver. Je tiens à dire au peuple sénégalais qu’on va se donner à fond pour le rendre fier et pour atteindre les objectifs que l’on s’est fixés, c’est-à-dire de gagner encore des trophées et d’être à la hauteur. »
O.B.N


