Certains lutteurs ont marqué l’histoire par leurs exploits sportifs, avant de se reconvertir après leur retraite. La rubrique « Que sont-ils devenus ? » raconte leur vie d’après-carrière. Aujourd’hui : Mamadou Diop dit Ambulance.
Ambulance a fait ses premiers pas dans l’arène au sein de l’écurie Ndiambour, aujourd’hui disparue. Après la dissolution de cette formation, il rejoint l’école de lutte Mor Fadam, où il poursuit sa carrière. En 1997, il signe ses débuts par un exploit retentissant : une victoire expéditive en seulement sept secondes face à Abdou Diouf de l’écurie Walo. Dès ce premier combat, il se forge une réputation de lutteur combatif.
Au fil de sa carrière, Ambulance dispute 34 combats, dont 28 remportés et seulement 6 perdus. Parmi ses succès les plus mémorables figure son duel contre Assurance de l’école Balla Gaye. « Ce combat mérite d’être raconté. J’étais gravement blessé avant l’affrontement et je ne devais pas lutter. Mais le promoteur refusait tout report. Mon père m’a conseillé d’honorer mon engagement tant que je pouvais rejoindre l’arène », confie-t-il. Malgré ses douleurs, il choisit de privilégier la bagarre, domine son adversaire et décroche une victoire par décision médicale. Cet épisode reste gravé dans sa mémoire, au même titre que son triomphe sur Khadim Ndiaye de Thiaroye, en août 2012.
L’année 2012 marque un tournant dans sa carrière. Après son premier grand combat, il réalise que les sacrifices consentis ne sont pas récompensés à leur juste valeur : « Entre la préparation physique, la préparation mystique et toutes les dépenses, je n’ai touché qu’un reliquat de 2 000 FCfa. C’est là que j’ai compris que la lutte ne me garantit pas une vie stable », raconte-t-il. L’ancien coéquipier de Gouye Gui choisit alors de se reconvertir. Il suit une formation en sécurité rapprochée et décroche son diplôme. Ce métier lui ouvre les portes de l’emploi.
Il travaille d’abord auprès de l’ancien Premier ministre Moustapha Niasse, avant d’être sollicité par l’ancien ministre des Sports, Malick Gakou, pour assurer sa protection. Ambulance devient son garde rapproché et chauffeur attitré. « Malick Gakou est très généreux. Il me paie bien et cela me permet d’entretenir ma famille », confie-t-il avec reconnaissance. Fort de son expérience, Ambulance occupe, depuis plusieurs années, le poste de directeur technique de l’école de lutte Mor Fadam. Il y transmet ses connaissances et accompagne les jeunes talents. Sa reconversion réussie illustre sa capacité d’anticipation, mais aussi son attachement indéfectible à un sport qui a façonné sa vie.
Abdoulaye DEMBÉLÉ