À l’approche du match de la Coupe du monde 2026 entre le Sénégal et la France prévu ce 16 juin, l’ambassadeur de France au Sénégal revient sur les liens sportifs qui unissent les deux pays. Du souvenir de la victoire sénégalaise de 2002 aux préparatifs des Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 », elle aborde également le rôle de la diaspora et de la lutte dans les relations entre Dakar et Paris.
Quels souvenirs gardez-vous de la rencontre du Sénégal face à la France du 31 mai 2002 ?
En 2002, j’étais où ? Parce qu’avec nous, les diplomates, le problème, c’est qu’on ne sait jamais trop où on était. En 2001-2002, j’étais à Paris. Je me souviens surtout de la foule, de l’enthousiasme. Quand les Sénégalais ont gagné, il y a eu quand même un grand mouvement de joie parce que nous avons beaucoup de Franco-Sénégalais en France. C’est surtout de cela dont je me souviens.
Les deux équipes se retrouvent à nouveau pour le match inaugural du groupe I de la Coupe du monde. Comment appréhendez-vous cette rencontre ?
Nous espérons en tout cas faire une grande fête ici à l’Institut français. La France et le Sénégal sont très liés. Donc, ce match est pour nous l’occasion de rassembler tous les Sénégalais et les Français que ce match intéresse dans un esprit de convivialité et de fête. Et puis pour moi, cela va être extrêmement confortable parce que je suis l’ambassadrice de France au Sénégal. Quel que soit le score du match, je gagne. Si le Sénégal gagne, je gagne. Si la France gagne, je gagne. Dans les deux cas, je gagne. Je pense donc être la personne la plus confortable avec ce match.
Pensez-vous que cette équipe de France peut battre celle du Sénégal ?
Je ne suis pas une grande technicienne du football, mais statistiquement, quand on l’a fait une fois, on peut le refaire. En 2002, l’équipe de France était championne du monde. C’était l’époque de Zinedine Zidane. Donc il n’y a aucune raison de penser que le match est joué d’avance. Je crois qu’aucune rencontre sportive n’est gagnée avant d’être disputée. Il y a toujours un élément immatériel : l’atmosphère, le moral, l’humeur des joueurs, la manière dont la maïeutique se fait ou ne se fait pas dans une équipe. Il faut donner sa chance à tout le monde et on va voir.
Quel est votre pronostic ?
Je ne pronostique pas parce qu’à chaque fois que je pronostique, je me trompe. Ce que je peux pronostiquer, c’est que nous allons faire une très belle fête ici. Cela, j’en suis certaine. Je suis aussi certaine que ce match deviendra un nouveau match de légende. Nous avons déjà eu un match de légende entre nous. Nous allons en avoir un deuxième. Je suis sûre que ce sera un match intéressant, pugnace et que les joueurs vont se donner à fond. Je suis également certaine que les joueurs, les entraîneurs, les médias sportifs, les Sénégalais comme les Français, sauront faire la part des choses. Entre la France et le Sénégal, nous savons respecter les vainqueurs comme les vaincus. Tout le monde sait où il se tient.
Plusieurs joueurs des sélections sénégalaise et française ont des parcours liés aux deux pays. Que constitue ce trait d’union pour vous ?
Si je compte bien, le Sénégal est aujourd’hui l’un des pays qui comptent le plus de joueurs dans le championnat français. Il y a 21 joueurs sénégalais qui jouent en Ligue 1. C’est la preuve du dynamisme et du talent de la diaspora sénégalaise en France. Certains joueurs sont nés en France tout en gardant leur lien avec le Sénégal. D’autres sont venus du Sénégal pour évoluer en France. Vous savez, l’essence même de la diplomatie, c’est de connaître l’autre. Parce que c’est quand on se connaît que l’on est capable de résoudre pacifiquement les différends. Le sport en fait partie. Ces joueurs et cet écosystème participent à une meilleure connaissance mutuelle. Je pense que c’est une richesse à la fois pour le Sénégal et pour la France. C’est du gagnant-gagnant.
Entretien réalisé par Marième Fatou DRAMÉ

