Moussa Diémé est de ceux qui aiment endurer. Agent à la division Pédagogie de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (Un-Chk) et arbitre à ses heures libres, le natif de Bignona est un persévérant qui ne rechigne pas devant l’effort.
Dégaine de militaire, taille standard, Moussa Bâ Diémé, dégage de la hargne et ne passe pas inaperçu sur les trottoirs des Parcelles assainies de Dakar. Chaque soir, le bonhomme est habitué à s’entraîner au club fitness communal de cette municipalité de Dakar.
L’agent à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (Un-Chk) est passionné par le sport depuis tout petit. Il s’est d’abord essayé à pratiquer l’athlétisme, puis le football en tant que joueur et coach avant de virer vers l’arbitrage. Son autre dada, c’est le fitness. Selon ses partenaires de sport, il ne rate aucune répétition.
Persévérant dans l’âme, Moussa Bâ Diémé en a enduré des tonnes. À Ébinkine, un village de la commune de Djiniaky, dans le département de Bignona, où il a fait ses humanités à l’école primaire de la localité, il échoue à sa première tentative à l’entrée en Sixième. Ce qui le pousse à retenter sa chance dans un village proche du sien.
Après avoir décroché son premier sésame, Moussa Bâ Diémé part poursuivre ses études dans un collège de la commune où il obtiendra son Brevet de fin d’études moyennes. Conscient de son potentiel, malgré tout, son grand frère, professeur au lycée de Bambey le convainc de venir dans le Baol pour y poursuivre ses études.
Des années d’apprentissage qui l’ont marqué et l’ont affiné, se souvient-il. « Le lycée de Bambey était si grand. Mais, on avait l’habitude, ma camarade Tabara Mbodj, devenue elle aussi arbitre, de faire plusieurs fois le tour du lycée. On s’entraînait très dur à l’époque ».
À sa première tentative au baccalauréat, la chance lui tourne encore le dos. Un retour aux sources, à Djiniaky, s’impose alors pour lui. Il finit en 2013, par y décrocher son premier diplôme universitaire.
Tout donner
Orienté à l’université virtuelle du Sénégal (Uvs), devenu Université virtuelle Cheikh Hamidou Kane (Un-Chk), le coach de fitness à mi-temps du club communal des Parcelles assainies, file à la Faculté des lettres et des sciences. « J’aime pousser dans leurs derniers retranchements mes partenaires de sport. J’estime qu’il faut toujours se donner à fond dans tout ce que l’on fait. J’allie mon rôle de coach fitness à l’arbitrage pour essayer d’être toujours au top niveau », confie-t-il.
À 33 ans, c’est à l’esplanade de la mairie des Parcelles assainies de Dakar que l’ancien de l’Université virtuelle du Sénégal se consacre à lessiver les passionnés de fitness. « Coach Diémé ne lâche rien jusqu’à la fin. Il fait sortir tout de nous », confiee Julie, sa partenaire de sport.
Actuellement affecté à la Commission centrale des arbitres (Cca) et rattaché à la sous Cra de Bignona, Moussa est brillamment sorti, au mois de mars de cette année, major de sa promotion au grade de d’arbitre de ligne au niveau national. « Il se distingue par son professionnalisme, son expertise, et son engagement envers l’amélioration continue du corps arbitral. Grâce à ses compétences exceptionnelles, cette promotion est une reconnaissance bien méritée pour son dévouement et ses performances de haut niveau », peut-on lire à travers une note publiée par le média Bignona Tv, sur son parcours.
Les références de Moussa Diémé sont Badara Diatta, Issa Sy, Maguette Ndiaye et tant d’autres arbitres, qui se sont distingués durant leurs carrières. Moussa Ba Diémé confie, cependant, être particulièrement motivé par le parcours de Malang Diédhiou, lui aussi originaire de la commune de Djinaky.
« C’est un exemple pour moi. Il est originaire de Djinaky, plus précisément de Badiana. Son parcours me pousse à me surpasser ».
Déterminé à rejoindre le « panthéon » aux côtés de ses idoles, l’enfant d’Ébinkine vise les étoiles. « J’aimerais un jour arbitrer une Coupe d’Afrique ou une Coupe du Monde », prie-t-il.
Marieme Fatou DRAME

