La Confédération Africaine de Football (CAF) a dévoilé les désignations des arbitres pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 (CAN 2025), prévues ce mercredi 14 janvier. Deux affiches majeures sont au programme : Nigeria–Maroc et Sénégal–Égypte, un classique désormais chargé d’histoire et de tension.
Atcho, un nom qui fait grincer des dents
Pour la demi-finale entre le Sénégal et l’Égypte, programmée à 17h00 (GMT+1) au Grand Stade de Tanger, la CAF a confié le sifflet à Pierre Ghislain Atcho. L’arbitre gabonais sera assisté par Boris Marlaise Ditsoga (Botswana), Siyven Moutsassi Moyo (Congo) et Amos Abeigne Ndong (Gabon). Le quatrième arbitre sera le Congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala. À la VAR, le Kényan Peter Waweru Kamaku dirigera l’équipe d’assistance vidéo, avec Letícia Antonella Viana (Cap-Vert), Elvis Guy Noupue Nguegoue (Cameroun) et Inacio Manuel Candido (Angola) comme assesseur.
Le choix du Gabonais est tout sauf anodin : il était au centre du 8e de finale de la CAN 2023 entre le Sénégal (tenant du titre) et la Côte d’Ivoire, future championne d’Afrique. Ce match, soldé par un nul (1-1, tab 5-4), reste dans les mémoires sénégalaises pour ses décisions contestées.
Atcho avait refusé d’expulser Sadio Mané après un tacle dangereux sur Ibrahim Sangaré dès la 9ᵉ minute, ignoré un penalty incontestable sur Ismaïla Sarr, avant d’accorder un penalty litigieux aux Éléphants malgré une position de hors-jeu suspecte sur l’action. Son arbitrage polémique lors du 8e de finale en 2023, lui avait valu son retrait pour le reste de la CAN par la Confédération africaine de football (CAF)

Ces choix avaient provoqué la colère des joueurs sénégalais. Krépin Diatta, particulièrement remonté, avait fustigé des membres de la CAF à la fin du match. « Vous êtes des corrompus ! Vous nous avez tués, gardez votre Coupe d’Afrique. », fulmunait-il. Des propos qui avaient valu l’arrière droit sénégalais quatre matchs de suspension dont deux avec sursis et six millions francs CFA d’amendes pour la fédération.
Des Lions sous la menace des cartons
Depuis cet épisode, Pierre Ghislain Atcho a continué à gravir les échelons de l’arbitrage continental. À la CAN 2025, il a déjà officié sans incident majeur lors de l’Algérie–Soudan (3-0) en phase de poules, puis du 8e de finale Égypte–Bénin (3-1 ap.). Toutefois, sa présence à la VAR lors du quart Algérie–Nigeria (0-2) a de nouveau suscité des commentaires : c’est lui qui aurait décidé de ne pas rappeler l’arbitre central, le Sénégalais Issa Sy, après une main discutable de Semi Ajayi dans la surface algérienne. Un choix qui a encore relancé le débat sur la cohérence des interventions vidéo.
Outre le spectre d’un arbitrage controversé, le Sénégal va surveiller le comportement du directeur du jeu. Pas moins de sept joueurs – dont Kalidou Koulibaly, Ibrahima Mbaye, Ismail Jakobs, Nicolas Jackson, Habib Diarra, Habib Diallo et Pape Guèye sont sous la menace d’une suspension pour la finale en cas de carton jaune contre l’Égypte.
Un contexte qui renforce la pression autour des décisions de Pierre Ghislain Atcho et pourrait peser sur la manière dont les Lions aborderont les duels et les contacts.
Le duel entre le Sénégal et l’Égypte dépasse désormais le cadre sportif. Il oppose deux sélections marquées par des confrontations récentes finale de la CAN 2022, barrage du Mondial 2022 et par une rivalité de prestige. Mais cette fois, c’est aussi l’arbitre qui sera scruté de près. Pour les Lions, l’enjeu est d’atteindre la finale dimanche avec toutes leurs forces face au vainqueur de l’autre demi-finale, qui opposera le Nigeria au Maroc.
Par Cheikh Gora DIOP, envoyé spécial à Tanger (Maroc)


