Un atelier de partage de l’arrêté fixant les modalités d’organisation de la campagne d’exploitation forestière 2026 s’est tenu ce lundi 9 juin à Tambacounda. La rencontre a réuni l’administration des Eaux, Forêts et Chasse, les élus locaux ainsi que les exploitants forestiers.
Au cours des échanges, les exploitants forestiers ont plaidé pour une prolongation de la campagne en cours. Alors que la clôture est fixée au 31 octobre par l’arrêté en vigueur, ils demandent son report d’au moins un mois. « Nous souhaitons une prolongation de la campagne jusqu’au 30 novembre. Cela nous permettrait de rattraper le temps perdu », a déclaré Babou Khady Dieng, président de l’Union nationale des coopératives exploitants forestiers du Sénégal (Uncefs).
Selon lui, la campagne 2026 a démarré avec un retard important. Il explique cette situation par deux facteurs principaux : le délai enregistré dans la validation de l’arrêté ainsi que le renouvellement des instances nationales de l’Uncefs. « Après la signature de l’arrêté, nous attendions sa validation dès le mois de janvier, ce qui n’a pas été le cas. Par ailleurs, l’Uncefs a procédé au renouvellement de ses instances nationales entre le 27 octobre 2025 et le 23 avril 2026 », a-t-il précisé.
L’arrêté prévoit également la fermeture de la campagne du bois artisanal au 30 juin. Face aux conséquences économiques de cette situation, les exploitants sollicitent des mesures exceptionnelles afin de préserver leurs revenus.
Pour le représentant des exploitants, les chances d’obtenir gain de cause demeurent réelles. Une telle décision permettrait, selon lui, de soutenir les acteurs de la filière forestière tout en garantissant l’approvisionnement des ménages en ressources ligneuses fortement sollicitées.
De son côté, le chef de la Division Aménagement et Production forestière, le lieutenant-colonel Modou Moustapha Sarr, a reconnu les difficultés engendrées par le retard enregistré cette année. Il a rappelé que l’ouverture officielle de la campagne, prévue le 1er janvier, n’est devenue effective que le 19 février.
Il a également souligné que le renouvellement des instances de l’Uncefs a ralenti certaines opérations nécessitant la signature des représentants des exploitants, des maires et de l’administration forestière.
« Nous sommes conscients des difficultés que ce retard va générer pour l’ensemble des acteurs. Nous allons travailler à trouver une issue favorable à cette situation », a assuré le lieutenant-colonel Sarr.
Par ailleurs, les participants à l’atelier ont réitéré leur appel en faveur de la réouverture de la campagne forestière dans la zone naturelle de la Casamance, notamment dans les régions de Sédhiou et de Kolda. Fermée depuis 2018, cette zone pourrait contribuer à décongestionner l’exploitation forestière actuellement concentrée dans la région de Tambacounda.
Cette revendication figure parmi les principales préoccupations des acteurs du secteur, qui souhaitent une meilleure répartition de l’exploitation forestière à l’échelle nationale.
Boubacar Agna CAMARA (Correspondant)


