Le Sénégal dispose désormais d’une usine d’assemblage de véhicules militaires. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a inauguré, hier, cette infrastructure qui, selon lui, marque l’engagement du Sénégal sur la voie de la souveraineté technologique et industrielle.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a inauguré, hier, à Diamniadio, l’usine d’assemblage des véhicules tactiques Kia KM 450, portée par l’Industrie sénégalaise de véhicules militaires (Isevem). Cette infrastructure, a souligné le chef de l’État, marque un tournant majeur pour notre pays.
« Elle est la première matérialisation de notre ambition nationale en matière d’industrie de défense. En inaugurant cette usine, nous envoyons un message clair : le Sénégal s’engage résolument sur la voie de la souveraineté technologique et industrielle dans le domaine de la défense », a-t-il déclaré, rappelant que cette réalisation est d’abord « le fruit d’une vision claire et affirmée ».
Autrement dit, celle d’un Sénégal souverain, capable de concevoir et de produire sur son sol les équipements indispensables à la défense des intérêts nationaux.
« Lorsque, le 4 juillet 2024, j’ai instruit le ministre des Forces armées d’engager sans délai la construction des cadres de coopération nécessaires au développement des capacités endogènes de production, j’ai voulu susciter un sursaut collectif, un appel déterminé à l’action et à l’audace, mais surtout à la responsabilité », a-t-il rappelé.
Avant d’ajouter : « cet engagement est indissociable de nos exigences de souveraineté et d’autonomie stratégique, lesquelles sont intrinsèquement liées à l’existence d’une industrie de défense nationale ».
Poursuivant son propos, le chef suprême des Armées a indiqué que cette orientation est le fruit d’une analyse rigoureuse et lucide de l’environnement géopolitique, tant au niveau sous-régional qu’international, auquel le Sénégal est confronté.
À son avis, cet environnement se caractérise par la persistance des menaces sécuritaires asymétriques, l’instabilité politique chronique et les pressions économiques externes qui mettent à rude épreuve la souveraineté de notre nation.
En outre, a-t-il souligné, ces défis locaux se trouvent aujourd’hui exacerbés par la montée des tensions géopolitiques internationales, avec pour corollaire la redéfinition des chaînes de valeur mondiales, source de nouvelles formes de dépendance.
Un choix stratégique
Ainsi, tenant compte de ce contexte, il estime que l’ouverture de cette usine n’est pas une décision purement industrielle, mais surtout « un choix stratégique qui s’inscrit pleinement dans la vision que nous portons pour notre pays, à savoir une vision d’innovation et de souveraineté assumée ».
Selon le chef de l’État, deux impératifs majeurs justifient la création d’une industrie de défense nationale.
Le premier impératif, dit-il, est la réduction de la dépendance structurelle vis-à-vis de l’étranger pour l’équipement de nos forces de défense et de sécurité.
Le second, poursuit-il, est la maîtrise de notre souveraineté. Car, fait-il observer, « cette dépendance, désormais conjuguée à l’extrême fragilité des chaînes d’approvisionnement face aux turbulences géopolitiques mondiales, crée une vulnérabilité stratégique susceptible de compromettre notre liberté d’action et de restreindre notre autonomie de décision ».
« Une industrie de défense ne se décrète pas », Diomaye Faye
Le Sénégal accélère le déploiement de son industrie militaire et de l’innovation en matière de défense et de sécurité, afin de consolider sa souveraineté et de protéger ses intérêts nationaux.
Une stratégie qui, de l’avis du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, vise à renforcer l’autonomie du pays en captant sur le territoire une partie de la chaîne de valeur, à travers l’implantation d’infrastructures industrielles.
Celles-ci sont destinées à assurer, à terme, la conception, la production et la maintenance des équipements de nos forces de défense et de sécurité.
« Une industrie de défense ne se décrète pas. Elle se construit pas à pas, avec rigueur, cohérence et vision. C’est toute la pertinence de l’approche graduelle que nous suivons. Nous privilégions la mise en place des capacités d’assemblage et de maintenance dans un premier temps, avant de nous lancer, à terme, dans la conception et la production industrielle », a déclaré le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, hier, lors de l’inauguration de l’usine d’assemblage de véhicules militaires.
Selon lui, l’État a pris l’option de collaborer avec des partenaires et des acteurs expérimentés afin de bénéficier d’un transfert de compétences et de pouvoir franchir, dans les meilleures conditions, les étapes indispensables à la construction d’une base technologique et industrielle de défense crédible.
Il a également indiqué que cette usine n’est que le point de départ d’un mouvement beaucoup plus large.
Vers la mise en place d’une industrie de défense résiliente
« Cette première usine, installée dans la zone industrielle de Diamniadio, n’est pas seulement un site de montage. Elle est la première pierre d’une ambition industrielle beaucoup plus grande. Cette future plateforme industrielle est à la dimension de notre ambition de construire un écosystème complet, composé de fournisseurs locaux, de sous-traitants qualifiés, de centres de maintenance et d’instituts de formation en relation avec les laboratoires d’innovation », a expliqué le chef de l’État.
Dans le même sillage, il a soutenu que cette dynamique doit avoir pour finalité la mise en place d’une industrie de défense résiliente, capable de répondre aux besoins des forces de défense et de sécurité, tout en contribuant au développement socio-économique de notre pays.
À cet effet, il a insisté sur trois dimensions essentielles.
« La première, c’est que ce projet est un instrument de souveraineté. En réduisant notre dépendance et en renforçant notre autonomie de décision, nous consolidons les fondements mêmes de notre liberté d’action.
Deuxièmement, c’est un levier d’industrialisation, car l’industrie de défense est une industrie motrice qui crée des emplois qualifiés, stimule l’innovation et tire vers le haut tout le tissu économique.
Et troisièmement, enfin, c’est un outil de cohésion nationale », a-t-il détaillé.
Il ajoute, dans le même ordre d’idées, que cette collaboration illustre également la démarche qui guide la politique du gouvernement en matière de défense.
Il s’engage ainsi à multiplier ce genre de partenariats qui constituent, selon lui, « un modèle vertueux de partenariat public-privé rigoureux, structurant, enraciné dans nos besoins opérationnels et nos potentialités industrielles ».
Aliou DIOUF et Souleymane WANE

