Méconnus des auditeurs et téléspectateurs car, généralement situés derrière les caméras ou les machines, les techniciens et maintenanciers restent la cheville ouvrière de la production audiovisuelle. Aujourd’hui, pour mettre en lumière ces hommes de l’ombre, l’ancien chef du bureau maintenance audio de la RTS, Amadou Moustapha Diop, a publié un livre intitulé : « L’audiovisuel et moi, Une passion sans fin ».
Ils sont derrière les machines et leur métier n’est pas d’orner le décor, mais plutôt de faire en sorte que tout fonctionne normalement, à tout moment dans le secteur de l’audiovisuel.
« Lorsque les présentateurs étaient à l’antenne, lorsque les journalistes réalisaient un direct ou lorsqu’une émission se déroulait sans incident, personne ne pensait à nous. Pourtant, derrière chaque image diffusée et chaque son entendu, il y avait le travail discret des équipes de maintenance. Nous étions dans l’ombre, mais cette ombre était indispensable pour que la lumière puisse exister », explique Amadou Moustapha Diop l’un des actuels conseillers du Directeur général de la RTS.
Né à Dakar, Amadou Moustapha Diop se forme en électronique. Il entre à la RTS où il fera toute sa carrière. Il complète ses connaissances lors de séjours aux États-Unis et au Japon. Au fil du temps, il devient une référence absolue en matière de maintenance audiovisuelle.
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Il met son expertise au service de plusieurs pays africains et intervient en tant que formateur auprès de l’UNESCO. Syndicaliste engagé, il siège aujourd’hui au tribunal des pairs du Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les Médias (Cored). Ce livre se situe à l’intersection de la technologie et de l’humain.
En écrivant ses mémoires, Amadou Moustapha Diop nous offre une perspective unique : celle de l’ombre qui permet à la lumière et au son d’exister pour des millions d’auditeurs et de téléspectateurs. Dans la relation de ses expériences, il alterne les anecdotes et les souvenirs, la rigueur du métier et la transmission des coulisses du service public sénégalais.
« Les technologies ont beaucoup évolué depuis. À nos débuts, nous passions des heures à diagnostiquer une panne, à réparer un composant et à retrouver les caractéristiques d’origine d’une machine. Aujourd’hui, il s’agit souvent de remplacer une carte électronique ou même un équipement complet. Les méthodes ont changé, mais l’objectif reste exactement le même », a-t-il relevé.
Pour l’auteur de l’ouvrage « L’audiovisuel et moi, Une passion sans fin », leur travail de l’ombre est aujourd’hui, devenu encore « plus précieux ». Car les utilisateurs exigent désormais une disponibilité quasi totale des équipements et le public tolère de moins en moins les interruptions.
Plaidoyer pour la construction d’une académie des métiers de l’audiovisuel au Sénégal
« Quelle que soit la sophistication des technologies, lorsque les professionnels entrent en scène, les caméras, les micros, les consoles de mixage et les systèmes de diffusion doivent être prêts à fonctionner parfaitement. C’était vrai hier, cela l’est encore davantage aujourd’hui », a-t-il reconnu.
D’ailleurs, il devait retenir une seule leçon de mes formations au Japon, aux États-Unis et de ses missions dans plusieurs pays africains, l’auteur soutient que ce serait l’importance accordée à la formation continue et à la transmission du savoir. À ce propos, il a fait savoir que son rêve est de voir naître au Sénégal une véritable Académie des métiers de l’audiovisuel, au service des professionnels sénégalais mais aussi de ceux de la sous-région.
Car il estime que la véritable richesse d’un pays réside dans ses ressources humaines. « Les machines les plus modernes finissent toujours par tomber en panne. Ce qui fait la différence, c’est la capacité des techniciens locaux à les comprendre, à les entretenir et à les réparer sans dépendre systématiquement d’une expertise extérieure », a-t-il dit.
Mariama DIEME


