RUFISQUE – Accompagner les industriels locaux à répondre à la demande de la population en matière d’équipements adaptés à leurs besoins (ordinateurs portables, smartphones et Smart Tv), telle est l’ambition affichée par les autorités sénégalaises. À l’issue d’une visite, ce jeudi 1er ocotbre, à l’usine d’assemblage Sunucorps à Keur Ndiaye Lô, le directeur de l’Économie numérique et des Partenariats, Roger Thiam, a indiqué que, bien que 97 % de la population bénéficie d’une couverture 4G, 54 % ne disposent pas d’équipements adaptés. Pour réduire cette fracture numérique et la forte importation de produits finis, il mise sur des entreprises d’assemblage 100 % au Sénégal, comme Sunucorps. « La marque représente bien plus qu’une identité : c’est une façon de faire, des valeurs, des réalités et une croyance sénégalaise inscrites dans cette dynamique », a-t-il estimé.Pour ce faire, M. Thiam précise que la mission essentielle du réseau Sénégal Digital Factory consiste à harmoniser la commande publique. « L’un des objectifs majeurs est de faire comprendre aux différents ministères l’importance de la souveraineté numérique et de les inciter à faire confiance aux marques locales, au même titre que les grandes marques internationales », a-t-il déclaré. La particularité de ces équipements assemblés ici, a-t-il poursuivi, c’est de permettre aux institutions publiques et parapubliques d’avoir une visibilité complète sur les composants matériels et logiciels, garantissant ainsi la sécurité des données et la souveraineté nationale.
Avec une capacité de production moyenne de 7.500 ordinateurs par an pour le site pilote (constitué de 7 personnes), Abdourahmane Gaye, président de Sunucorps et ingénieur principal dans le domaine aérospatial à Los Angeles, entend mettre en avant l’assemblage local des produits finis. « Nous importons les pièces détachées et fabriquons localement nos ordinateurs », a-t-il affirmé. Sa volonté demeure : faire rivaliser une marque nationale avec celles importées. « Notre ambition ultime est de développer un véritable écosystème de fabrication industrielle sur le territoire national », a-t-il renchéri.
Au-delà de la production d’ordinateurs portables, de smart-boards et de totems interactifs, le transfert de compétences est au cœur de cette initiative, avec près de 400 étudiants et jeunes issus des écoles d’ingénieurs et des centres de formation déjà formés gratuitement. L’usine dispose de bancs de montage, de salles déjà aménagées et de ressources humaines formées pour augmenter rapidement ce volume de production si la demande augmente.
Mohamed DIÈNE (Correspondant)

