À l’occasion du Grand Magal de Touba, l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (UCAK) poursuit sa mission de recherche en s’intéressant aux problématiques qui touchent la communauté. C’est dans ce cadre qu’elle a organisé, le 26 juillet 2026, une journée de réflexion sur le thème : « Réseaux sociaux et intelligence artificielle : défis communautaires et réponses scientifiques ».
Cette rencontre a réuni des universitaires, des experts et des représentants de la société civile, en présence d’un représentant du ministère des Télécommunications et du Numérique. Les échanges ont porté sur les enjeux liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle, ainsi que sur les réponses scientifiques susceptibles d’accompagner ces mutations.
Selon le vice-recteur chargé de la recherche de l’UCAK, le Professeur Ibrahima Thioub, cette initiative vise à analyser les usages des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, tout en identifiant des solutions aux défis qu’ils soulèvent dans plusieurs domaines, notamment les domaines économique, social et spirituel.
Selon lui, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle engendrent également des difficultés majeures. Ils peuvent même constituer une menace pour la cohésion de nos communautés, voire pour leur existence et leur orientation. Il a, à cet effet, plaidé pour une mobilisation des compétences afin d’apporter des réponses adaptées à ces nouveaux défis.
Intervenant en qualité de panéliste, Serigne Abdou Aziz Mbacké Majalis a, pour sa part, insisté sur les effets des réseaux sociaux sur l’évolution des valeurs, particulièrement chez les jeunes. Il a également souligné que l’intelligence artificielle représente désormais une réalité incontournable dont il faut tenir compte dans les transformations du monde moderne, y compris au Sénégal.
Les travaux ont débouché sur plusieurs recommandations. Parmi celles-ci figure la création d’un observatoire des médias et des réseaux sociaux, une proposition formulée par Serigne Abdou Aziz Mbacké Majalis. Selon lui, une telle structure pourrait accompagner les pouvoirs publics dans la régulation du secteur. « Nos enfants accèdent, sans véritable filtre ni contrôle, à des contenus qui ne devraient pas leur être destinés », a-t-il regretté. Il a également recommandé le développement de contenus numériques conformes aux valeurs de la société sénégalaise ainsi qu’aux enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba et des grandes figures religieuses.
Conseillère juridique au ministère des Télécommunications et du Numérique, Ndèye Seynabou Sy a salué la tenue de cette rencontre, qu’elle juge opportune. Elle a rappelé que l’État mène depuis plusieurs années une réflexion sur les enjeux liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle. Selon elle, les recommandations issues de cet atelier sont pertinentes et adaptées à notre contexte. Elle a précisé, en effet, que cette rencontre vient renforcer et finaliser les travaux engagés par l’État depuis 2024 en matière de régulation des réseaux sociaux.
Birane Diop (Correspondant)


