L’astronaute français, Thomas Pesquet, a passé quatre cents jours dans l’espace. En visite au Sénégal, il a partagé son expérience avec les passionnés lors d’une rencontre organisée, hier, à l’Agence sénégalaise d’études spatiales (Ases). Il a également dégagé des pistes pour faire du Sénégal une nation spatiale.
Thomas Pesquet a cumulé près de 400 jours dans l’espace au cours de ses deux missions de longue durée à bord de la Station spatiale internationale (Iss). En séjour au Sénégal, l’astronaute français de l’Agence spatiale européenne a visité, hier, l’Agence sénégalaise d’études spatiales (Ases). Accueilli par le directeur général de l’Ases, Marame Kairé, et ses équipes scientifiques, l’astronaute français a partagé son expérience avec les passionnés.
Cette visite s’inscrit dans une perspective d’accompagner les efforts consentis par les plus hautes autorités sénégalaises dans la promotion des sciences spatiales. « C’est une rencontre qui milite en faveur de la promotion des sciences spatiales, la vulgarisation et même la démocratisation des sciences spatiales », a expliqué Marame Kairé. Pour Thomas Pesquet, la conquête de l’espace doit être un levier pour le développement de nos pays. Il estime que les données issues de cette science doivent permettre aux décideurs politiques d’adopter une meilleure planification dans les secteurs stratégiques comme l’agriculture, la défense et la santé.
Et cela, dit-il, repose sur un investissement qui garantit la rentabilité. « Il suffit de regarder tous les pays qui ont décidé d’investir dans leur industrie spatiale pour se rendre compte que ça a toujours été extrêmement positif. Investir sur le capital humain Il y a des calculs qui sont faits en disant que chaque dollar, chaque euro, chaque franc investi dans le spatial va être multiplié. Parce que les industries qui ont développé des capacités grâce à ces projets étatiques et publics, ont cette capacité à offrir leurs services sur le marché privé et ils vont gagner des contrats, parce qu’elles sont meilleures technologiquement », a constaté l’astronaute français.
En plus du défi logistique, le Sénégal devra miser sur un capital humain hautement qualifié pour porter cet élan de la conquête de l’espace. Une telle ambition passe d’abord par la sensibilisation de la jeunesse sur les avantages et les opportunités qui gravitent autour des études spatiales. D’où la nécessité de mettre en place des filières spécialisées dans ce domaine. Cela va permettre d’exploiter le potentiel technique et scientifique pour faire du Sénégal une nation spatiale.
À en croire M. Pesquet, cette option permettra de pousser la recherche pour trouver, par le biais de l’espace, des technologies capables de développer des filières dans l’automobile, dans l’aviation, mais aussi dans les matériaux qu’on utilise au quotidien. « Il faut qu’on puisse avoir, de plus en plus, au Sénégal, des masters en spatial et en aérospatial dans les universités afin de permettre à cette jeunesse d’être formée localement », préconise Thomas Pesquet, insistant sur l’importance d’avoir également des projets nationaux, des satellites nationaux et un observatoire spatial.
Diégane DIOUF

