Pour cette 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations, côté arbitres, c’est le chaos. Les erreurs s’accumulent, les décisions VAR traînent en longueur et joueurs comme supporters se retrouvent frustrés. Mais au milieu de ce désordre, un nom sort du lot : Issa Sy. Le Sénégalais brille par sa maîtrise et sa rigueur et s’impose comme l’une des rares exceptions dans un tournoi où la VAR peine encore à trouver ses marques.
L’arbitre sénégalais Issa Sy réalise un tournoi remarquable. Il est clairement dans sa compétition. Il a été arbitre principal lors de trois matchs : Égypte vs Zimbabwe, Maroc vs Zambie. La qualité de ses prestations a poussé la CAF à le désigner pour officier le quart de finale entre l’Algérie et le Nigeria. Il a également été sur la VAR lors du match Maroc vs Tanzanie en huitième de finale. À chaque rencontre, il a livré une prestation de maître. À 41 ans, il se détache clairement du lot dans une compétition où ses collègues sont souvent critiqués, dépassés par le niveau des matchs et parfois mal à l’aise avec l’utilisation de la VAR. Le vidéo-arbitrage peine encore à trouver ses marques. Issa montre que l’excellence est possible, même dans un environnement chaotique.
Quand la VAR freine le football africain
C’est un véritable problème : la VAR est en vrac. Depuis le début de la compétition, les arbitres ont du mal à l’utiliser correctement. Les décisions sont très lentes et l’attente interminable. Cela casse le rythme du match, refroidit les joueurs et entraîne la colère des supporters. Mais peut-on véritablement en vouloir aux arbitres ? Non, pas vraiment. Le problème est plus profond. En Afrique, en dehors de la CAN, la VAR reste très peu utilisée. En Ligue des champions, en Coupe de la CAF et à la CAN U20, le vidéo-arbitrage n’est pas déployé dans les phases de poule. Il est également absent dans les compétitions jeunes, comme la CAN U17 ou U23… sans parler des championnats locaux, tels que la Ligue 1 sénégalaise ou ivoirienne. Les arbitres n’ont donc que peu d’expérience pratique avec la VAR. La CAF avait mis en place en août 2024 la CAF VAR Academy dont la mission est de former des arbitres d’exception pour les compétitions internationales et les championnats nationaux en Afrique, en se concentrant sur l’utilisation des dernières technologies telles que l’assistance vidéo. Mais les résultats ne sont pour l’instant pas visibles. On a l’impression que les arbitres sont toujours en train d’apprendre et de s’adapter. Leur niveau reflète le retard de l’Afrique par rapport au football mondial.
Les joueurs de qualité sont présents. Les équipements ainsi que les infrastructures se sont considérablement améliorés dans de nombreux pays du continent. Pourtant, le niveau des arbitres reste en deçà et gâche une fête qui aurait pu être beaucoup plus belle.
Issa Sy fait partie des rares arbitres qui se détachent du lot.
Yaya SOW


