À seulement 18 ans, Béatrice Louna Diatta s’est imposée comme l’un des visages les plus inspirants de la jeunesse casamançaise. Élève en Terminale S à Dakar, passionnée de mode et profondément attachée aux sciences, la nouvelle Miss ambassadrice Casamance incarne une génération qui conjugue élégance, ambition et responsabilité sociale. Portrait d’une douce couronne pour l’histoire.
ZIGUINCHOR – De Cabrousse Mossor aux allées du port de Ziguinchor, son sacre, intervenu dans la nuit du lundi 30 au mardi 31 décembre 2025, raconte bien plus qu’une victoire individuelle. Ainsi, il révèle une jeune femme décidée à mettre sa notoriété au service de son terroir.
Cette nuit-là, le port de Ziguinchor s’est transformé en une véritable scène culturelle et citoyenne. Sous un ciel chargé d’émotions, le public, venu massivement des quatre coins de la capitale régionale du Sud, et au-delà, a pris place le long des allées illuminées pour assister à la grande finale de la deuxième édition de « Miss ambassadrice Casamance ».
Seize candidates, issues des trois régions administratives et des neuf départements de la Casamance, se sont succédé devant le jury. Défilés majestueux, prises de parole engagées, ponctuées d’une présentation de projets de développement local : la compétition a mis en lumière des jeunes femmes préparées, éloquentes et conscientes des enjeux de leur territoire.
Au fil des passages, l’atmosphère est montée en intensité. Chaque candidate portait une part de l’espoir de sa localité. Mais lorsque la candidate numéro 10, originaire du département d’Oussouye, a pris la parole, une assurance tranquille et une maturité rare ont marqué les esprits.
À l’issue d’un verdict très attendu, le jury a finalement porté son choix sur Béatrice Louna Diatta, qui devient ainsi la première fille du « Kassa » à remporter ce prestigieux titre, succédant à Satou Mbaye Coly du village de Diégoune, dans le département de Bignona.
Née le 22 septembre 2008 à Cabrousse Mossor, terre emblématique d’Aline Sitoé Diatta, la nouvelle « reine de beauté » semblait porter en elle l’héritage d’un courage transmis par l’histoire. Derrière la couronne scintillante se dessine le parcours d’une adolescente persévérante.
« Cette victoire est le fruit d’un long travail, de nombreuses campagnes et d’un engagement constant. Le soir de la finale, j’étais envahie par le stress, mais au fond de moi, je sentais que tout était possible », confie-t-elle au « Soleil ».
Revenant sur son échec lors de l’édition précédente, elle ajoute : « L’an dernier, j’avais tenté sans succès. Je n’ai jamais abandonné. Cette année, je me suis promis d’aller jusqu’au bout, et Dieu m’a permis d’y arriver ».
Une victoire forgée par la persévérance
L’instant de l’annonce restera longtemps gravé dans sa mémoire. « Quand j’ai entendu mon nom, j’ai été submergée par l’émotion. C’était un mélange de joie, de fierté et de reconnaissance envers tous ceux qui m’ont soutenue, notamment ma famille. Ce soir-là, ma mère était là. Je me disais que j’allais le faire », raconte-t-elle.
Pour la jeune lauréate, ce sacre est aussi une responsabilité. « Être Miss ambassadrice Casamance, c’est représenter dignement son département et toute une région. Je mesure l’honneur qui m’est fait et je compte être à la hauteur », affirme Béatrice Louna Diatta.
Consciente que cette distinction peut changer le cours de sa vie, Louna tient néanmoins à rester fidèle à ses principes. « Cette couronne va m’ouvrir des portes, c’est certain. Mais, je veux avancer avec humilité, garder ma simplicité et continuer à apprendre », insiste-t-elle.
Son ambition est claire : transformer cette visibilité en actions concrètes pour la Casamance. Son projet phare, présenté lors de la compétition, a particulièrement retenu l’attention des uns et des autres.
« Je ne suis pas venue uniquement pour défiler. Au-delà de cette compétition, je voulais porter un projet utile à la jeunesse d’Oussouye. J’ai proposé le réaménagement et la réouverture des hôtels du Sud, surtout dans la commune de Diembéring. Cela peut créer des emplois durables pour des jeunes diplômés en tourisme qui, jusqu’ici, peinent à trouver un emploi décent sur place », explique-t-elle avec conviction.
Poursuivant, la nouvelle « Miss ambassadrice Casamance » précise que cette idée lui a été inspirée par ses oncles, Urbain Kanfoudy et Édouard Kotimagne Diatta, soucieux de voir les jeunes rester et travailler dans leur terroir.
Entre podiums et les sciences, un destin assumé
L’engagement de la nouvelle Miss ne s’arrête pas à l’économie locale. « Je veux aussi me battre pour soutenir les orphelinats de la Casamance. Même si les moyens sont limités, chaque geste compte. Avec de la volonté, on peut soulager des souffrances », assure-t-elle.
À la jeunesse, elle adresse un message empreint d’espoir. « Il faut être courageux, ambitieux et persévérant. Quand on croit en soi et qu’on travaille sérieusement, on peut aller très loin », conseille la fille de Cabrousse.
Si la mode occupe une place importante dans son parcours, les études restent sa priorité absolue. Élève en Terminale S à Dakar, l’ancienne pensionnaire du collège de Diembéring nourrit une ambition affirmée.
« Je veux poursuivre mes études pour devenir médecin. C’est un rêve personnel, mais aussi une manière de servir mon pays et d’encourager les jeunes filles à aimer les sciences », explique-t-elle.
Sa passion pour le mannequinat remonte à l’enfance. « Toute petite, je suivais avec admiration Aya Guèye (la promotrice de la Casamance Fashion Week et Miss ambassadrice Casamance). Je disais souvent à ma mère que je voulais être miss et mannequin. J’ai commencé à défiler très jeune, participé à des Fashion Week à Dakar et aux journées culturelles de mon école à Diembéring. Le mannequinat a toujours fait partie de mes rêves », se remémore Béatrice Louna Diatta.
Aya Guèye demeure, pour elle, une source d’inspiration constante. « C’est une femme modèle, sérieuse, engagée et très responsable. Elle m’a transmis cette passion et continue de me motiver. Aujourd’hui, je poursuis des études scientifiques parce que devenir médecin est aussi un souhait cher à ma mère. Les mathématiques et les sciences me fascinent. Je rêve de devenir à la fois mannequin internationale et médecin, afin de représenter dignement la Casamance sur la scène mondiale », affirme-t-elle avec assurance.
Soutenue par un entourage confiant en son potentiel, notamment une tante déjà médecin, Béatrice Louna Diatta avance avec détermination. « Elle me montre chaque jour que tout est possible avec le travail et la discipline. Je suis prête à me donner les moyens nécessaires pour réussir », conclut la Miss ambassadrice Casamance.
Il est des personnes qui se battent tous les jours pour atteindre leurs objectifs. En dépit des obstacles, elles sont prêtes à transcender leur vie, pour se forger une personnalité adulée de partout.
Malgré son jeune âge, Béatrice Louna Diatta sait déjà ce qu’elle veut. Elle enclenche sa longue marche vers le sommet.
Louna, tant choyée par sa mère Thérèse, reste et demeure cette couronne qui symbolise désormais une jeunesse engagée et tournée vers l’avenir.
Par Gaustin DIATTA (Correspondant)

