Chef de service adjoint du Service Enquêtes & Reportages au quotidien national « Le Soleil », Aly Diouf a pris part, du 7 au 16 septembre 2026, en Chine, au Séminaire sur la coopération médiatique entre les partis politiques du monde. Dans son exposé, le journaliste sénégalais, grand spécialiste de la Chine, a insisté sur la nécessité de renforcer les échanges entre médias face à la montée de la désinformation, des «fake news» et des «deepfakes». Il a également partagé son regard sur l’expérience chinoise et les pratiques dont les pays africains pourraient s’inspirer.
La coopération médiatique peut contribuer à rapprocher les peuples, corriger les perceptions et renforcer la confiance dans un contexte marqué par la circulation massive de l’information. C’est la conviction défendue par Aly Diouf, journaliste au quotidien national « Le Soleil » et chef de service adjoint du Service Enquêtes & Reportages, lors du séminaire sur la coopération médiatique entre les partis politiques du monde organisé du 7 au 16 septembre 2026 en Chine. Prenant la parole au nom de ses collègues, le journaliste sénégalais a d’abord partagé ses impressions sur les différentes étapes du séjour. Pour développer sa réflexion, il est revenu sur le Sénégal, sa longue tradition électorale, son histoire démocratique et les transitions pacifiques qui lui ont longtemps valu d’être cité en exemple. Il a toutefois livré une lecture critique des évolutions récentes, en insistant sur le poids pris par le numérique dans le débat public.
« Armées numériques », fausses informations et « deepfakes » peuvent, selon lui, influencer l’opinion, attaquer les institutions ou amplifier les tensions. Une réalité qui, estime-t-il, dépasse le seul cas sénégalais. Connaissance mutuelle Cette évolution impose, selon lui, une réflexion sur la responsabilité des acteurs politiques et médiatiques. « À une époque où le populisme, l’extrémisme et l’obscurantisme progressent, où le volume des données en circulation est extraordinairement important et où les fausses informations sont devenues monnaie courante, il est grand temps de repenser la démocratie et la responsabilité », a-t-il soutenu. C’est dans ce contexte qu’Aly Diouf situe l’importance de la coopération médiatique entre les partis politiques du monde. Les nouveaux canaux de communication permettent de toucher rapidement des millions de personnes, mais ils facilitent aussi la diffusion de contenus trompeurs. Face à cette réalité, les professionnels des médias ont, dit-il, intérêt à renforcer leurs relations et leurs mécanismes de collaboration.
« Aucune coopération ne peut prospérer durablement sans confiance et aucune confiance ne peut exister sans connaissance mutuelle », a déclaré le journaliste. Pour lui, les échanges médiatiques et culturels constituent ainsi des leviers pour rapprocher les sociétés et réduire les incompréhensions. Il a, dès lors, préconisé des collaborations entre rédactions, des voyages de presse, des échanges de contenus, des coproductions, des formations, des réseaux de correspondants et l’utilisation des langues locales. Un regard sur la chine Aly Diouf a également partagé son expérience de la Chine, pays où il a déjà séjourné grâce à un programme du ministère chinois des Affaires étrangères.
Il a évoqué son passage à l’Université Renmin ainsi que ses visites dans plusieurs provinces, municipalités et régions autonomes. Des déplacements qui lui ont permis, dit-il, de découvrir ce qu’il appelle la «Chine réelle». M. Diouf cite Shenzhen, devenue un important pôle technologique, Shanghai et sa place financière, Yiwu et son immense marché, Chongqing ou encore Guangzhou. Il dit aussi avoir été marqué par les infrastructures, la planification, la discipline, l’innovation, l’éducation et la politique de lutte contre la pauvreté.
L’exposant s’est également intéressé au Gaokao (concours national chinois d’entrée à l’université) et aux «Deux Sessions». Sur le plan international, Aly Diouf a évoqué l’Organisation de coopération de Shanghai, les Brics+, les « Nouvelles Routes de la soie » et le Forum sur la coopération sino-africaine (Focac). Il a aussi fait référence à la politique d’exemption de droits de douane annoncée par Beijing en faveur de produits africains. À son avis, la trajectoire chinoise mérite d’être étudiée dans les domaines de la planification, des infrastructures et de l’innovation. Aly Diouf s’est gardé toutefois de présenter le système chinois comme un modèle à reproduire intégralement. « Je ne veux pas véhiculer l’idée que le système politique chinois est le meilleur », a-t-il précisé. Son approche consiste plutôt à identifier les expériences qui ont produit des résultats et à réfléchir à leur adaptation aux réalités nationales. « Il existe ici de bonnes pratiques que nous pouvons réadapter dans nos pays », a-t-il conclu.
Daouda DIOUF

