Réunis à El-Alamein, en Égypte, les cinq pays fondateurs du NEPAD ont réaffirmé leur volonté de renforcer le financement du développement africain.
À l’occasion du 25e anniversaire de cette initiative, la Déclaration d’Alamein fixe plusieurs échéances pour mobiliser les capitaux privés, soutenir les petites et moyennes entreprises et accélérer la réalisation des projets structurants du continent.
Le financement du développement africain était au cœur du sommet extraordinaire des membres fondateurs du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), tenu le 3 octobre 2026 à El-Alamein, en Égypte. Le Sénégal, l’Algérie, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria ont réaffirmé leur engagement à faire du développement du continent une responsabilité collective, portée notamment par la mobilisation des ressources africaines.
Cette rencontre, organisée à l’occasion des 25 ans du NEPAD, s’est conclue par l’adoption de la Déclaration d’Alamein. Le document met l’accent sur le rôle central de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et sur la nécessité de disposer de financements prévisibles pour concrétiser les ambitions du continent.
Vingt-cinq ans après, un modèle à consolider
Né en 2001 de la rencontre de plusieurs visions du développement africain, notamment le Plan Oméga porté par l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade et le Programme pour la renaissance africaine défendu par d’autres dirigeants du continent, le NEPAD repose sur une ambition : placer les pays africains au cœur de leur propre développement.
Adopté par l’Union africaine en 2002, il s’appuie sur des principes de bonne gouvernance, de paix, de développement durable et de coopération internationale. En 2018, sa transformation en AUDA-NEPAD a renforcé son rôle opérationnel dans la réalisation de l’Agenda 2063.
Au sommet d’El-Alamein, le président Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage aux fondateurs de cette initiative. Il a également souligné les progrès réalisés dans les infrastructures, le développement du capital humain et le commerce intra-africain, tout en rappelant les défis persistants, notamment l’accès à l’eau et à l’assainissement, l’emploi des jeunes et la sécurité alimentaire.
Mobiliser davantage de capitaux africains
Pour le chef de l’État sénégalais, l’accélération du développement suppose de renforcer les mécanismes de financement du continent. Il a notamment plaidé pour un meilleur accès aux financements concessionnels et mixtes, une mobilisation accrue des ressources intérieures et une implication plus importante du secteur privé africain dans la réalisation des projets structurants.
Cette orientation rejoint l’un des principaux engagements de la Déclaration d’Alamein : faire du secteur privé africain un acteur moteur du deuxième plan décennal de l’Agenda 2063.
Le texte prévoit ainsi la mise en place d’une plateforme d’investissement d’Alamein d’ici au sommet de l’Union africaine de février 2027. Celle-ci doit permettre de rassembler les engagements de capitaux privés en faveur du développement du continent.
La déclaration prévoit également la constitution d’un portefeuille de projets prêts à l’investissement. Le nombre de projets ayant atteint le bouclage financier devra être suivi à chaque édition du Forum d’affaires Alamein-Afrique. L’objectif est de mieux mesurer le passage des annonces d’investissement à la réalisation effective des projets.
Les PME et les chaînes de valeur au centre des priorités
Le financement des petites et moyennes entreprises constitue un autre axe important de la nouvelle feuille de route. Les pays fondateurs se sont engagés à promouvoir une facilité continentale destinée aux PME et aux chaînes de valeur.
Attendu au sommet de mi-année 2027, ce mécanisme devra notamment permettre de mesurer les emplois créés au bénéfice des jeunes et des femmes. Il s’inscrit dans une volonté de rapprocher les politiques de financement des besoins des entreprises et des populations.
La déclaration prévoit, en outre, la mise en service d’au moins un instrument africain de réduction des risques et de financement mixte dans un délai de dix-huit mois. Ce type de dispositif doit contribuer à améliorer les conditions de mobilisation des capitaux pour les investissements nécessaires au développement du continent.
L’AUDA-NEPAD, instrument de mise en œuvre
Au-delà de la mobilisation financière, le président Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de mieux articuler les interventions de l’AUDA-NEPAD avec celles des États, des communautés économiques régionales, des institutions financières africaines et des partenaires au développement.
Cette coordination doit permettre de mieux relier les priorités continentales aux stratégies nationales et de renforcer le suivi des projets.
La Déclaration d’Alamein ouvre ainsi une nouvelle séquence pour les pays fondateurs du NEPAD. Les échéances annoncées en matière d’investissement, de financement des PME et de réduction des risques devront désormais se traduire en mécanismes opérationnels et en projets effectivement réalisés.
Pour le Sénégal et ses partenaires, l’enjeu est de transformer les ambitions de l’Agenda 2063 en résultats mesurables pour les économies et les populations africaines.
Cheikh Gora DIOP


