Les démocrates ont remporté mardi une victoire nette aux élections de mi-mandat. Ils prennent le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, un scrutin qui tourne au revers cinglant pour Donald Trump et son camp.
Ce double basculement, que peu auraient imaginé il y a un an, plonge le président dans l’incertitude, à deux ans de la fin de son mandat. « Je suis super enthousiaste à l’idée que le changement arrive », confie à l’AFP Tracie Moore, une cheffe d’entreprise d’une cinquantaine d’années, rencontrée à Atlanta (Géorgie).
Au Sénat, les démocrates, qui comptaient 47 élus, pourraient atteindre environ 55 sièges sur 100. À la Chambre, les projections du New York Times leur attribuaient à 1h du matin (6h GMT) une majorité écrasante de 77 sièges. Pour le politologue Todd Belt, de l’université George Washington, ce résultat traduit « un rejet fort de Donald Trump et de ses politiques ». La déroute républicaine s’explique en grande partie par la colère des électeurs face au coût de la vie.
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Interrogé par le New York Times, Donald Trump a affirmé qu’il accepterait le verdict des urnes. Sur sa plateforme Truth Social, il a néanmoins prévenu qu’il était prêt à opposer son veto aux textes votés par les démocrates. Sur Fox News, le président républicain de 80 ans a salué le « bon boulot » de ses adversaires, qui attendaient cette victoire « depuis 11 ans », en référence à son entrée en politique.
Il a toutefois assuré ne pas voir dans ce scrutin un vote dirigé contre lui, refusant d’en endosser la responsabilité. Plus tôt, il avait écrit sur Truth Social que les républicains l’auraient emporté s’il avait figuré « sur les bulletins », alors qu’il avait lui-même multiplié les meetings ces dernières semaines en demandant à ses partisans de voter comme s’il était candidat.
Des victoires symboliques dans plusieurs bastions républicains
Le premier choc de la soirée est venu de Caroline du Sud, où la démocrate Annie Andrews a pris le siège de sénatrice à Darline Graham. Donald Trump avait personnellement choisi cette dernière comme candidate après la mort de son frère Lindsey Graham, en juillet.
Au Texas, James Talarico, séminariste presbytérien de 37 ans, devient le premier démocrate élu au Sénat dans cet État conservateur depuis 1992. « Ce soir, nous avons battu Goliath », a-t-il lancé à Austin, aux côtés de Gina Hinojosa, élue gouverneure. Dans cette campagne très disputée, Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, avait dépensé plus de 220 millions de dollars pour soutenir l’ultraconservateur républicain Ken Paxton.
Les démocrates ont aussi arraché des sièges en Caroline du Nord, en Iowa et dans l’Ohio, trois États remportés par Donald Trump en 2024. Au Kansas, Adam Hamilton est le premier démocrate élu sénateur depuis 1932.
Les républicains conservent quelques motifs de consolation, notamment en Floride, bastion du président, où ils gardent les postes de sénateur et de gouverneur.
Coût de la vie, guerre en Iran et corruption
La hausse du coût de la vie, aggravée par une guerre impopulaire contre l’Iran, ainsi que les accusations de corruption ont poussé les Américains à sanctionner les républicains, dans un scrutin de mi-mandat traditionnellement défavorable au parti du président.
Le chef des démocrates à la Chambre, Hakeem Jeffries, a promis mardi d’utiliser la future majorité pour poursuivre les responsables qu’il accuse d’une « corruption sans précédent ». « Nous allons demander des comptes », a-t-il averti devant ses partisans. Il devrait devenir le premier Afro-Américain à présider la chambre basse du Congrès.


