Médaillé d’argent en judo aux premiers Jeux olympiques de la jeunesse (Joj), en 2010 à Singapour, Babacar Cissé regrette de ne pas avoir été associé aux préparatifs de « Dakar 2026 ». Dans un entretien avec Tággat, l’ancien judoka est revenu sur les difficultés rencontrées lors de son parcours et plaide pour une meilleure reconnaissance des anciens champions, dont l’expérience pourrait servir d’exemple à la nouvelle génération.
L’histoire du Sénégal avec les Jeux olympiques de la jeunesse (Joj) n’a pas commencé en 2026. Babacar Cissé en est une illustration. Il fait partie des premiers Sénégalais à avoir participé à cette compétition. En 2010, à Singapour, le jeune judoka avait décroché une médaille d’argent dans l’épreuve par équipes mixtes. Âgé de 18 ans, il avait réalisé cette performance malgré des conditions de préparation difficiles.
« Le seul hic, c’était le manque d’encadrement », confie-t-il. À l’époque, il avait quitté Dakar sans entraîneur et avec un kimono prêté. « On a dû me prêter un kimono au Sénégal pour que je puisse compétir », raconte-t-il. Sur place, il avait également bénéficié de l’aide d’un ressortissant togolais pour l’accompagner à la table officielle.
« Ce n’est que lorsque je suis admis en finale que la délégation sénégalaise m’a rejoint », se souvient-il. Malgré ces difficultés, le judoka affirme avoir remporté tous ses combats individuels avant que son équipe ne s’incline en finale. « C’était quand même magnifique, ces Jeux, avec l’esprit de solidarité et de partage entre athlètes qui s’amusaient alors qu’ils n’étaient pas du même pays », retient-il de cette expérience.
Dans un entretien accordé au média sportif Tággat, le 28 octobre, Babacar Cissé est également revenu sur son parcours et sa situation actuelle. Après plusieurs années passées sur les tatamis, il a arrêté la compétition en 2019, en raison notamment de ses activités professionnelles. Il travaille aujourd’hui comme postier à Mbour. L’ancien médaillé regrette de ne pas avoir été associé aux préparatifs des Joj « Dakar 2026 ».
Il déplore également le manque de reconnaissance dont il estime avoir fait l’objet à son retour de Singapour avec sa médaille. « Je suis rentré avec une médaille de vice-champion olympique, et les autres ont été bien accueillis dans leurs pays », regrette-t-il. Pour lui, il est nécessaire de mieux accompagner les athlètes et de valoriser leurs performances. « C’est bien beau d’organiser des Jeux, mais il faudra décrocher des médailles. On n’organise pas pour perdre. Il faut renforcer l’encadrement des athlètes », estime Babacar Cissé.
Marieme Fatou DRAMÉ

