Depuis la grande concertation nationale organisée du 28 au 31 janvier 1981, communément appelée les États généraux de l’éducation et de la formation (Egef), soit plus de quatre décennies, le Sénégal n’a de cesse de réformer son système éducatif. L’objectif reste le même : s’ouvrir aux progrès scientifiques et technologiques du monde moderne, tout en étant enracinée dans ses valeurs et traditions. Ce, d’autant plus que le système se caractérise par l’inadéquation entre la demande et l’offre éducative, entre formation et emploi. En témoigne le fort taux de chômage dans le pays. Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), ce taux de chômage élargi s’établit à 19,1% au 2e trimestre de 2026, soit une légère hausse par rapport aux 19,0% de la même période en 2025. Environ 33,5 % des jeunes de 15 à 24 ans sont classés comme NEET (Ni en emploi, ni en éducation, ni en formation). (Cf. Ansd, Enquête emploi, 30 septembre 2026).
En réalité, dans le système éducatif, domine un réel sentiment de « bourrage de crâne », tant il est caractérisé par des programmes encyclopédiques, une surcharge horaire et mentale et surtout un décalage avec le marché de l’emploi. D’où le débat, malgré l’adoption de l’Approche par les compétences (Apc : qui vise à rendre l’élève acteur de son apprentissage) depuis quelques années, sur l’allègement des programmes scolaires, à travers une révision constante des curricula.
Certes, depuis 1995, des mesures phares ont été prises. Il s’agit, entre autres, de l’augmentation du nombre de séries avec l’avènement du baccalauréat franco-arabe en 2000, du baccalauréat agricole et agro-alimentaire en 2003 et du baccalauréat arabe en 2013 ; l’orientation des formations supérieures vers les Sciences, la Technologie, les Sciences de l’Ingénieur et les Mathématiques (Stems) ; la réforme des baccalauréats séries techniques qui a transformé trois filières (G, T1 et T2) sur les sept actuelles en deux baccalauréats technologiques (Sciences et Technologie d’Economie et de Gestion et Sciences et Technologies industrielles pour le développement durable)…
Toutefois, il faut reconnaître que le baccalauréat connaît encore des faiblesses, dont le manque de pertinence, de validité, absence de banque d’épreuves validées structurées, le manque d’efficacité, de fiabilité, etc. (Cf. Tdr de l’atelier de réflexion sur le Baccalauréat, MESRI, octobre 2017).
C’est là toute la pertinence de la refondation initiée par les nouvelles autorités qui repose sur plusieurs réformes, notamment celle du baccalauréat – premier diplôme de l’Enseignement supérieur – qui doit être appliquée d’ici le 30 janvier 2027. Il faut simplement rappeler que cette volonté politique date de près d’une dizaine d’années, précisément en 2017. (Cf. Tdr de l’atelier de réflexion sur le Baccalauréat, MESRI, octobre 2017). Le nouveau pouvoir aura le mérite de la finaliser, même si la date d’entrée en vigueur n’a pas été annoncée.
Séries regroupées, socle commun, fin des cloisons, modernisation, frais d’inscription revus à la hausse, etc. Telles sont les grandes lignes de cette réforme qui prévoit donc une réduction drastique des séries qui passent de 18 (dont certaines, les séries arabes, sont restées inactives : S1, AR et S2-AR) à 4. Ainsi, les 18 séries seront ramenées à 4 parcours : Sciences, numérique et innovation qui a regroupé les actuelles séries S1, S2, S1A, S2A et F6 ; Technologies et industries (Stidd ET S3) ; Agriculture, environnement et agro-alimentaire (S4 et S5) et Economie, gestion et sciences sociales (Steg et l’ensemble des séries littéraires).
Pour les frais d’inscription, ils devront passer de 5.000 FCfa (bloqué depuis 2000 alors que le coût réel d’un candidat est de 32.000 FCfa) à 10.000 FCfa. (Cf. Sene-News du 26 septembre 2026).
Autrement dit, on assistera à un allègement de la charge de travail et à une adaptation aux mutations actuelles afin d’offrir à nos étudiants un avenir prometteur. Une bonne nouvelle pour les acteurs, surtout les élèves qui apprennent des matières qui ne leur servent plus à grand-chose.
daouda.mane@lesoleil.sn

