Ces réseaux sociaux sont devenus ces bals masqués où l’on tombe amoureux d’un filtre et où l’on épouse une photo de profil. La dernière fable en date met en scène une tigresse qui n’avait de fauve que le pseudo et des griffes sur ce compte Wave.
Mysta, idole numérique, a été débusquée comme une facture truquée. Derrière l’écran, un étudiant appliqué a joué la comédie sentimental avec un sérieux qui force l’admiration ou la consternation, c’est selon.
Un émigré, persuadé de vivre une grande passion transfrontalière, a excédé trois millions de francs CFA comme un jeté des pétales sur une idylle virtuelle. Il a même voyagé, valise pleine d’espoir et portefeuille allégé, pour retrouver un amour qui n’existait que pixélisé. Au rendez-vous, il n’y avait ni tigresse ni romance, seulement le silence poli de l’arnaque réussie.
Les réseaux sociaux promettent l’amour, la gloire et parfois la sagesse. Ils invitent surtout des illusions en livraison express. On y confond notoriété et vérité, émotion et vérification. La morale est simple et cruelle. Sur Internet, quand un coeur bat trop vite, c’est souvent un portefeuille qui saigne.
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