Le tirage au sort a parlé. Le Sénégal recroisera la France à la prochaine Coupe du monde. Voilà un rendez-vous qui promet autant que le premier regard entre un lion affamé et un coq distrait. Depuis que Dakar revendique une souveraineté bien assise, certains imaginent déjà un duel philosophique entre deux styles de vie. Paris dissertera sur son influence à retrouver, tandis que les Lions, eux, préfèreront disserter sur les filets qu’ils comptent remplir.
On dira que le foot n’est pas la politique. Pourtant chaque ballon dégagé rappellera qu’on ne parle plus ici de colonies mais de compétition. Le coq tentera de chanter fort pour couvrir ce détail. Le lion répondra par un rugissement poli, mais ferme, histoire de signifier que les temps ont changé. En 2002, le coq avait fini en ragoût national. Une victoire qui encore aujourd’hui réchauffe les cœurs et les casseroles. Faut-il imaginer une répétition du menu ? Les bookmakers hésitent. Les supporters aussi, mais uniquement sur la sauce. Quoi qu’il arrive, que le coq se méfie. Une rencontre avec un lion ne doit jamais s’éterniser. Sinon il finit souvent par rejoindre la liste des plats du jour.
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