Dakar, cette cité de paradoxes où les passerelles piétonnes demeurent désespérément isolées. Elles ont été construites pour préserver des vies, mais certains choisissent de les ignorer, comme s’ils mettaient leur propre vie à pile ou face.
Traverser l’autoroute devient un jeu de hasard, avec pour unique mise leur intégrité physique. Alors qu’on joue les cascadeurs au sol, d’autres prennent la ville pour un urinoir à ciel ouvert.
Ce jeudi à Colobane, un individu bien en chair, dénué de stress et de discrétion, a simplement déposé son sac… ainsi que ses bonnes manières. Devant les passants ! Un acte d’incivilité en pleine journée. Dans les quartiers, certaines voies sont également transformées en pisse-ruelles.
Dakar peut alors sembler propre en apparence, mais parfois, l’odeur persistante du fond est très différente. Et il faut l’admettre.
Le nettoyage des rues, c’est bien. Mais il faut aussi penser à nettoyer les têtes. Peu importe combien de passerelles nous construirons, tant que certains choisiront l’asphalte plutôt que la sagesse, nos rires resteront toujours amers.
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