Au Gabon, la Can 2025 ne s’est pas perdue sur un hors-jeu mal levé, mais sur un communiqué bien rédigé. Les Panthères ont trébuché au Maroc et, aussitôt, l’État est descendu sur la pelouse, sifflet à la bouche et costume bien repassé.
Dissolution du staff, suspension de l’équipe nationale, mise à l’écart de figures emblématiques. Ici, le football n’est plus un jeu, c’est une affaire d’État. La balle est ronde, mais la sanction, elle, est parfaitement carrée.
Le maillot tient lieu d’uniforme moral ; la contre-performance devient faute civique, presque un délit d’atteinte au drapeau. Cette rigueur soudaine réveille de vieux souvenirs africains, quand les vestiaires sentaient la caserne.
En Côte d’Ivoire, en 2000, les Éléphants avaient quitté le stade pour le camp militaire, sanctionnés pour avoir déçu trop tôt. Vingt-cinq ans plus tard, les méthodes se modernisent, mais l’esprit demeure.
Quand le ballon trahit, l’autorité sévit. Il faudrait alors dire qu’en Afrique, perdre une Can coûte parfois plus cher qu’un coup d’État raté. Espérons que le prochain match ne se jouera pas en treillis, au garde-à-vous.
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