On dit que le Sénégal est un pays de football. D’autres rétorquent avec ironie qu’il n’a qu’une seule étoile. Comme si on oubliait que cette étoile a longtemps joué sans remplaçant.
Le Sénégal du ballon rond vient de loin, très loin. Dans notre podcast « Histoires de Can », Mamadou Diallo a rappelé une époque où le maillot n’était pas un souvenir, mais un emprunt. Tu jouais, tu transpirais, tu rendais. Fin du match, fin de la propriété. Aux entraînements, deux maillots pour tout le monde, lavés matin et soir.
Le pressing existait déjà, mais sur le savon. Les primes ? 2500 FCfa par match. De quoi célébrer la victoire…avec retenue. Aujourd’hui, on parle en millions. Avant, on parlait en monnaie. Le progrès a aussi un vocabulaire. Le sommet reste ce match caritatif contre la France en 1993. Adama Cissé échange son maillot avec Youri Djorkaeff. Geste historique. Jusqu’à ce qu’on lui demande d’aller le récupérer. Caritatif, oui. Donateur, non.
Aujourd’hui, tout un pays se mobilise au Maroc pour en conquérir une deuxième, porté par la mémoire des anciens « Lions » et l’ambition assumée d’un Sénégal désormais habitué à viser grand.
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