En France, Jordan Bardella occupe soudain tout l’espace. À peine Marine Le Pen déclarée inéligible, les enquêtes d’opinion le propulsent en tête des intentions de vote pour 2027. Dans les couloirs des instituts, on raconte que son nom remplace désormais celui de la patronne, effacé comme une ardoise trop usée. Bardella sourit. Le destin lui offre une rampe de lancement inespérée, presque trop lisse pour être crédible.
Reste une ombre sur le tableau. Comment la fratrie Le Pen digère-t-elle ce triomphe programmé qui semble détourner l’héritage familial ? Au sein du parti, on avance à pas feutrés. Les proches murmurent que l’histoire a parfois des caprices cruels. Tant d’années à labourer le même sillon pour qu’un autre récolte les lauriers. Autour de Bardella, on célèbre déjà une ère nouvelle, mais chacun sait que les lignées politiques n’aiment guère être éclipsées. Le jeune favori avance donc avec une prudence de funambule, conscient qu’entre les sondages flatteurs et la réalité des ambitions, le paysage peut vite changer de couleur.
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