À l’Assemblée nationale, il flotte parfois un parfum de salle de classe désertée un lundi de pluie. Les mêmes chaises vides, les mêmes cahiers fermés, le même mystère sur ceux qui étaient pourtant censés venir. Une députée de la majorité, lasse de compter les absents, a fini par dire ce que beaucoup constatent. Elle parle de retards qui s’allongent, de collègues qui arrivent comme des ombres pour repartir aussitôt.
Elle raconte que certains élus de l’opposition arrivent à onze heures quand la séance commence à neuf. Le soir, ils ne sont plus là, tandis que la majorité tient jusqu’à minuit. Ce ballet de présences éphémères la révolte. Elle appelle le bureau de l’Assemblée à agir, à mettre fin à ce jeu de cache-cache parlementaire.
Le président du Parlement, El Malick Ndiaye, assure que les instructions sont prêtes. Il promet un cadre plus strict pour rappeler à chacun que siéger n’est pas une option. On espère que cela suffira à ramener dans l’hémicycle ceux qui semblent avoir oublié que représenter le peuple demande, au minimum, d’être là.
sidy.diop@lesoleil.sn

