Ah, l’accent ! Cette petite mélodie qui raconte d’où l’on vient, avant même qu’on ne dévoile son nom. Lorsqu’on a entendu le président Bassirou Diomaye Faye s’exprimer en anglais lors de son passage au Kenya, certains ont réagi avec surprise. Pourtant, l’« accent » n’est ni une faute ni une faiblesse.
C’est le reflet d’un parcours, d’une langue première, d’une culture. Imaginons un instant un monde où l’on valoriserait les accents comme des couleurs dans un tableau. Angela Merkel aurait-elle eu la même prestance sans sa rigueur allemande en anglais ? Barack Obama, sans son phrasé empreint de culture afro-américaine ? Certainement pas. L’intonation, c’est une signature sonore, un patrimoine invisible que chacun porte dans sa voix. Se moquer d’un accent africain, c’est un peu comme refuser un plat épicé parce qu’il surprend les papilles. On passe à côté de la richesse qu’il apporte. C’est la diversité linguistique qui fait la beauté du monde. Car au fond, ce qui importe, ce n’est pas la prononciation parfaite, mais la clarté du message, la dignité du ton… et pourquoi pas, une petite touche de style.
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