On pensait que le plus grand danger en altitude venait des turbulences capricieuses ou des passagers impatients. Il faudra désormais ajouter le soleil à la liste.
Pas le doux soleil des cartes postales, mais celui qui bombarde les avions de radiations capables de semer la zizanie dans leurs commandes. Airbus a ainsi demandé à près de six-mille appareils A320 de rester au sol le temps de remplacer un logiciel jugé vulnérable. Tout est parti d’un vol JetBlue entre Cancun et Newark. Un trajet sans histoire, en principe.
Sauf que le 30 octobre, l’appareil a soudain décidé qu’il valait mieux saluer Tampa de plus près. Atterrissage d’urgence, analyses et conclusion étonnante. Les radiations solaires avaient perturbé des données essentielles. On se retrouve donc à imaginer des flottes clouées au sol tandis que les ingénieurs s’empressent de remettre de l’ordre sous le capot numérique. Le ciel a toujours été une affaire de maîtrise. Le voilà soumis à l’humeur du soleil. Si cela continue, il faudra peut-être réserver des vols de nuit et prier pour que les étoiles soient moins susceptibles que leur voisin flamboyant.
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