Anta Babacar Ngom s’ennuie à l’Assemblée nationale. Ce n’est pas une faute de goût, c’est une faute d’arithmétique. Elle parle, elle propose, elle s’indigne, mais sa voix pèse à peu près le même poids qu’un soupir dans un stade plein. La majorité Pastef occupe l’espace, aspire l’air, monopolise la parole et distribue les applaudissements comme des tickets de bus. L’opposition regarde passer le cortège en comptant les minutes.
Alors, la députée, très in, très moderne, très excédée, demande la dissolution. Rien que ça. Dissoudre l’Assemblée comme on dissout un sucre dans un café trop amer. Problème. La Constitution, cette rabat-joie juridique, a décidé que non. Pas avant deux ans. Deux longues années de bancs, de micros coupés et de votes inutiles. Il faudra donc choisir. Supporter le vacarme majoritaire ou quitter la salle avant la fin du film.
La démocratie est parfois cruelle. Elle autorise tout le monde à parler, mais n’oblige personne à écouter. Et surtout, elle ne garantit jamais le succès à ceux qui arrivent sans les chiffres.
sidy.diop@lesoleil.sn

