Les faits se sont passés le samedi 27 décembre dernier. C’était après le match de football opposant le Sénégal à la République démocratique du Congo (Rdc), dans le cadre de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations (Can).
Une finale de la poule D, pour ne pas dire une finale avant l’heure. Les deux nations se sont, à deux reprises, rencontrées récemment. C’était dans le cadre des éliminatoires de la prochaine coupe du monde de football. Et le Sénégal avait, lors de la dernière confrontation, fait une remontada exceptionnelle au stade des martyrs de Kinshasa.
Ce qui a provoqué même l’ire du président de la République congolais. La tension était donc grande, mais pas autant que les enjeux puisque les deux équipes étaient déjà qualifiées pour le prochain tour. Les deux sélections se neutralisent.
Trois supporters congolais, visiblement insatisfaits, ont franchi le rubicon. Vêtus du maillot des Léopards et coiffés du drapeau congolais, ils ont osé mettre le drapeau de l’équipe du Sénégal à terre pour le piétiner. Plus qu’une provocation, une profanation. « Oklm 1-1 partout mais les Sénégalais resteront toujours des pétio pour nous ».
C’est le message qui a accompagné leur post. Rapidement devenues virales, ces images ont provoqué une vive indignation au sein de l’opinion publique nationale mais aussi internationale.
Pour de nombreux Sénégalais, cet acte a été perçu comme une atteinte directe à l’honneur national et à l’histoire du pays. Ils ne sont pas seuls, car même des congolais ont condamné cet acte on ne peut plus irresponsable. Parmi eux, il y a le collectif des Jeunes patriotes Congolais. Dans un message empreint de gravité et de fraternité, ils ont condamné avec la plus grande fermeté le geste, qualifié de « regrettable », « irresponsable » et contraire aux valeurs panafricaines.
Les excuses adressées au peuple sénégalais ont été répétées à plusieurs reprises, avec une volonté claire d’apaisement et de préservation des relations fraternelles entre Dakar et Kinshasa. À leur tour, les auteurs des images incriminées ont fini par présenter leurs excuses. Le drapeau national est bien plus qu’un simple morceau de tissu.
Il incarne l’histoire, la souveraineté et l’âme d’un peuple. Chaque couleur, chaque symbole rappelle des luttes, des sacrifices et des idéaux partagés. C’est une histoire, un vécu, une promesse et une espérance. Il représente la mémoire collective, l’honneur des ancêtres et l’espoir des générations futures. Porter atteinte à un drapeau revient à toucher à la dignité d’une nation tout entière. Les profaner est comme une agression directe. Une déclaration de guerre. Tout comme le drapeau, les symboles des États sont sacrés.
Ils méritent, par conséquent, le respect. Dans certains pays, les profaner peut conduire à une convocation d’ambassadeur ou à défaut une manifestation populaire spontanée. L’histoire récente montre que de tels gestes autour des symboles nationaux ont déjà failli provoquer, ou provoqué, de véritables crises diplomatiques. Il y a, à peu près un mois, une vidéo, devenue virale, est postée par de jeunes mineurs du Burkina établis en Guinée.
On les voyait dans une mine où ils disaient qu’ils allaient détruire la terre de Guinée, s’enrichir et aller construire, chez eux au Burkina, de belles villas. Une sortie virtuelle qui a fini par être une affaire d’État. Les Guinéens, pris de colère, s’en sont violemment pris aux Burkinabé, mettant à sac leurs affaires. Le haut représentant des Burkinabè de la Guinée a fait un communiqué pour présenter ses excuses au peuple de Guinée.
Il a, par la suite, demandé une audience et fut reçu par le chef de la diplomatie de la Guinée. Il a, à nouveau, présenté ses excuses et promis de faire le nécessaire. En 2014, lors d’un match de football entre la Serbie et l’Albanie, le survol du stade par un drone portant un drapeau nationaliste albanais avait entraîné des violences sur le terrain et une détérioration notable des relations entre les deux pays. Plus récemment, des escrimeurs suisses tournant le dos au drapeau israélien lors d’une cérémonie officielle ont suscité une réaction immédiate des autorités israéliennes, obligeant la diplomatie suisse à intervenir pour désamorcer la tension. D’autres cas, comme la profanation de drapeaux devant des ambassades ou des erreurs protocolaires impliquant des symboles nationaux montrent à quel point ces emblèmes restent extrêmement sensibles et méritent toute la considération requise.
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