Le 9 janvier dernier, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire clôturait, à Kédougou, la série de concertations nationales sur la prochaine réforme de la décentralisation. Ainsi, après l’Acte 3 qui avait consacré la communalisation universelle, faisant des anciennes communautés rurales des communes de plein exercice, l’Acte 4 verra bientôt le jour. D’ailleurs, les contours de la nouvelle réforme, fruit d’un travail de longue haleine des acteurs et des faîtières, sont presque cernés.
La nouveauté que cette réforme va apporter sera la mise en place des huit pôles territoires déjà identifiés. Mais, à Kédougou, une quinzaine de points avaient été dégagés à l’issue de la rencontre. Notamment avec l’installation d’une nouvelle fiscalité, la création d’une fonction publique locale, la réorganisation des services municipaux, la réforme des transferts étatiques aux collectivités territoriales, le statut de l’élu local, etc.
Avec l’Acte 4, il sera question de bâtir une véritable gouvernance de proximité. Le ministre lui-même l’a dit : « Il ne peut y avoir de changement si cela ne se passe pas au niveau des quartiers ».
En effet, les quartiers ont toujours été les parents pauvres dans les différentes phases de notre décentralisation. Jusque-là, ce sont surtout les départements, les villes et les communes ou les anciennes communautés rurales qui ont été véritablement pris en compte dans les différentes réflexions.
Or, les quartiers restent les bastions dans lesquels naissent les plus belles initiatives pouvant impacter notre développement. Partout dans le pays, les jeunes s’organisent, s’activent et créent, avec les moyens du bord, de belles choses. Les femmes aussi, par des actions concrètent, font preuve de résilience par le travail acharné qu’elles mènent quotidiennement. Elles sont dans le petit commerce, dans le maraîchage, et s’organisent en groupement pour s’épauler mutuellement.
Ce serait une erreur de ne pas tenir en compte des efforts que les populations à la base mènent dans leur propre localité. Certes, les délégués de quartier travaillent en étroite collaboration avec les communes, la police et les services déconcentrés de l’État, mais la plupart d’entre eux ne disposent pas de salaire. Bravant tous les risques inhérents à leur fonction, ces braves femmes et hommes courent derrière un statut que l’État peine à leur octroyer.
Or, un guide sans moyens financiers et matériels voit son autorité remise en cause par les citoyens. Donc la véritable gouvernance de proximité de l’État commence par donner un autre visage à nos quartiers, par la reconnaissance des délégués, l’appui aux initiatives locales et l’organisation des différentes organisations. C’est le seul moyen pour l’État de rapprocher ses services aux citoyens.
Il faut le reconnaître, dans beaucoup de communes du pays, le travail communal n’impacte pas assez (ou très peu) sur le vécu quotidien des populations. Face à l’inexistence des besoins essentiels tels que l’eau courante, l’électricité ou encore les services de santé, ce sont les populations elles-mêmes à travers leur conseil de quartier qui font les démarches nécessaires pour combler le gap. Pendant ce temps, le maire et ses administrés sont aux abonnés absents.
C’est dire que la gouvernance de proximité ne réussira guère sans prendre en compte les aspirations de nos quartiers.
maguette.ndong@lesoleil.sn

